Des sans-papiers seraient-ils privés de leurs droits fondamentaux?

En attendant son examen par un psychiatre, Rashid Nasir a été ramené au centre fermé de Vottem.
En attendant son examen par un psychiatre, Rashid Nasir a été ramené au centre fermé de Vottem. - © MICHEL KRAKOWSKI - BELGA

La question peut se poser au vu de la manière dont un sans-papier pakistanais de 25 ans, détenu au centre de Vottem depuis 4 mois, est traité. Rashid Nasir court des risques graves dans son pays où, dit-il, la police considère les expulsés comme des délinquants et les emprisonne et les torture.

Il risque d'être expulsé aujourd'hui encore, alors que son avocat et au moins un médecin affirme qu’il est dépressif et risque de se suicider. Et jusqu’à la veille de son expulsion, l’Office des Etrangers n’a jamais voulu le présenter à un psychiatre.

Le cas de Rashid Nasir Pakistanais n'a rien que de très banal hélas ! Sauf que Rashid Nasir est dépressif, suicidaire même. Ce qui selon l'article 61 du règlement même de l'Office des étrangers, aurait dû constituer une raison suffisante pour au moins suspendre son expulsion.

Mis en demeure par l'avocat du Pakistanais, l'Office des étrangers a finalement organisé une expertise psychiatrique, lundi après-midi, en urgence. Il devait être expulsé ce mardi à 8h. Mais le psychiatre du CHR Citadelle de Liège a refusé d'examiner Rashid Nasir immédiatement et a proposé à l'Office de reprendre rendez-vous.

Acharnement ?

En attendant, l'homme a été ramené au centre de Vottem. L'Office recherche activement un autre psychiatre qui acceptera lui de l'examiner rapidement et qui dira ou pas s'il peut subir un rapatriement en avion. Ce que redoute le plus Rashid Nasir, c'est d'être remis à la police pakistanaise.

Voici quelques semaines, un autre Pakistanais aurait connu le même sort. Il affirme avoir été torturé durant 3 jours et ne devoir finalement sa liberté qu'au paiement aux policiers de 1500 euros. Une véritable fortune là-bas. Maître Chichaoui dénonce l'acharnement de l'Office envers son client qui devrait absolument être hospitalisé et même libéré pour être soigné comme un être humain, conclut l'avocat.

Thierry Vangulick

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