Des robots autonomes en salle d'opération pour assister les anesthésistes

Les robots investissent l'anesthésie
Les robots investissent l'anesthésie - © RTBF

Les robots ont déjà investi les salles d’opération pour assister les chirurgiens mais apparemment, ils ont du mal à convaincre les anesthésistes. Les choses sont peut-être en train de changer. Des anesthésistes de l’hôpital Erasme viennent de publier dans la revue scientifique "Anesthésiology" une étude sur l’impact de l’utilisation de robots en anesthésie sur plusieurs patients âgés de plus de 60 ans et fragiles.

Et le résultat a de quoi interpeller, ces patients qui souffrent généralement de troubles cognitifs après l’intervention ont recouvré leur mémoire et toutes leurs facultés cognitives, la semaine suivant l’opération mais aussi 3 mois après.

Des robots autonomes pour l'anesthésie

Pour comprendre l’avantage de ces robots. Nous avons donc pris la direction d’une salle d’opération de l’hôpital universitaire Erasme à Bruxelles équipée de ces nouveaux robots. L’opération en cours est une intervention délicate à l’aorte abdominale, une des plus grosses artères du corps. Elle va durer près de 9 heures. Pour l’anesthésie, tout est monitoré pour bien doser les drogues anesthésiantes.

Luc Barvais, Responsable de l’anesthésie Cardio thoracique et auteur de l’étude explique qu'"il faut contrôler la profondeur de l’anesthésie, parce que si elle est trop profonde, on peut avoir des dépressions sur l’encéphalogramme. Or, ces dépressions sont responsables des troubles cognitifs comme des pertes de mémoire après l’intervention. Pour éviter ces surdosages de drogues, on utilise désormais 3 robots qui surveillent l’encéphalogramme et ajustent instantanément et tout seul, les dosages. Il y a un robot qui contrôle l’anesthésie, un deuxième la ventilation et le dernier, la tension et le débit cardiaque."

Pour remplacer l'anesthésiste?

Clairement, dans cette salle, les robots réalisent des tâches autrefois accomplies par les anesthésistes. "Il faut commencer l’anesthésie en injectant des médicaments un peu comme on ferait décoller un avion mais après, durant l’anesthésie, il faut ajuster continuellement les doses d’anesthésiants pour que le patient reste endormi. Et c’est une tâche extrêmement prenante pour un anesthésiste parce qu’elle lui demande à tout moment d’augmenter ou diminuer la vitesse d’administration des produits. C’est ce que font les 3 robots en toute autonomie pendant des heures", nous lance Alexandre Joosten, Anesthésiste dans le même service.

Des résultats chez des patients âgés et fragiles

Mais n’allez pas croire que ces ordinateurs vont remplacer les anesthésistes. Alexandre Joosten est très clair: "ce n’est pas l’homme contre la machine mais plutôt l’homme seul contre l’homme avec la machine, exactement comme le pilote est et restera dans l’avion. Personne n’imagine prendre un avion sans pilote. Nous supervisons nos robots ce qui nous laisse du temps pour nous occuper de notre patient dans sa globalité."

Autrement dit, les tâches fastidieuses sont pour les robots, ils ne sont pas distraits ni fatigués, (les interventions peuvent parfois durer des heures) et, ils sont autonomes.

Dans l’étude, les opérations réalisées avec eux, ont permis à des personnes âgées et fragiles de mieux récupérer leurs fonctions cognitives après l’intervention.

Archives : Journal télévisé 31/10/2014

Dans les hôpitaux, des robots font leur apparition dans toute une série de services. Qu'en est-il de la sécurité, ce matériel robotique est-il à l'abri de cyberattaques?

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK