Ophtalmos, ORL et neurologues appelés à lutter en première ligne contre le coronavirus: c'est le principe des réquisitions volontaires

Nicolas Gaspard est neurologue à Erasme. Il s'est porté volontaire pour rejoindre les équipes Covid-19.
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Nicolas Gaspard est neurologue à Erasme. Il s'est porté volontaire pour rejoindre les équipes Covid-19. - © RTBF

Dans les hôpitaux, aux urgences et aux soins intensifs, le personnel affronte les cas de Covid-19 et prend en charge les malades.

Ces dernières 24 heures, on a recensé en Belgique plus de mille nouveaux cas pour un total de 7284 personnes positives. Une situation qui génère du stress, de la fatigue mais aussi des contaminations parmi les équipes médicales. Il faut donc du renfort et les réquisitions sur base volontaire sont en cours.

Exemple à l’hôpital Erasme, à Anderlecht, en Région bruxelloise. Nicolas Gaspard y est chef du service de Neurologie. Rien à voir avec le coronavirus ! Et pourtant, il va être confronté à cette maladie… "On a fait appel à des médecins d’un peu toutes les disciplines, d’abord orientés vers les disciplines (médicales) qui avaient un certain background en médecine interne, pas trop éloigné de ce type de patients", explique le spécialiste. "Maintenant, on a des volontaires de tout bord. Des ophtalmologues, des ORL, des chirurgiens se sont portés volontaires pour prendre en charge des patients" dont la spécificité est inhabituelle.

De la néphrologie au coronavirus

Des volontaires éloignés de leur spécialité, on en trouve également aux Cliniques Saint-Luc, à Woluwe-Saint-Lambert (Région bruxelloise). De la néphrologie au coronavirus : un pas récemment franchi par Johann Morelle, ce spécialiste des dialyses et des greffes de reins. Il va monter au front et rejoindre la 7e Unité Coronavirus, qui va être prochainement mise en place dans son établissement hospitalier.

"A l'heure actuelle, nous sommes tous concernés par cette pandémie. D'abord, parce que nous prenons en charge des patients fragiles, qui sont à risque, qui peuvent développer la maladie et des formes sévères. Mais aussi parce qu'il y a un besoin important de médecins, d'infirmiers...", réagit ce dernier auprès de la RTBF. "L’institution est mobilisée, nous sommes à disposition. Nous ouvrons encore aujourd’hui plusieurs unités pour prendre en charge ces malades."

A Saint-Luc, comme ailleurs, les services se sont réorganisés et les interventions non urgentes ont été postposées, pour faire face à l'arrivée de malades du coronavirus.

Dans les hôpitaux, pas question de laisser ces médecins qui (re) découvrent la première ligne sans accompagnement. "Les équipes constituées sont forcément mixtes", rassure Nicolas Gaspard. "Et puis il y aura des médecins de background très différents. On compte donc sur une certaine solidarité entre médecins pour s’entraider."

C’est notre rôle de répondre à ce besoin

A l’hôpital Erasme, pas de réquisitions forcées. C’est l’appel aux volontaires qui est privilégié. "Chaque service a dû se réorganiser pour assurer la continuité du service malgré l’épidémie. Il y a encore des AVC, des infarctus, des soins en oncologie urgents à donner, des consultations, des patients avec des maladies chroniques à traiter", rappelle Nicolas Gaspard. A Erasme, ce sont 200 médecins qui sont mobilisés dans les unités Covid-19. Volontariat également à Saint-Luc. "C’est un besoin pour la population, c’est notre rôle de répondre à ce besoin", précise encore Johann Morelle.