Des rendez-vous dans les commerces "non essentiels", comme chez le médecin?

Un conseil, un essai: quand ces clients vont-ils à nouveau rentrer dans ce magasin spécialisé?
Un conseil, un essai: quand ces clients vont-ils à nouveau rentrer dans ce magasin spécialisé? - © Tous droits réservés

Exprimée par plusieurs fédérations patronales du commerce et des indépendants, une idée fait son chemin: celle d'un rendez-vous dans le magasin entre le consommateur et le vendeur.

Le but est double.

Pour le client: recueillir un avis et voir, essayer la marchandise. Pour le professionnel: rouvrir rapidement son commerce non-essentiel.

Toutes ces enseignes?  "Oui, toutes", réclament l'Union des classes moyennes (UCM) et le syndicat neutre pour indépendants (SNI).

"Non, une partie", nuance Comeos, la fédération patronale du commerce et du service: "voyons quels secteurs, mais il n'est pas évident, par exemple, d'acheter une cuisine à distance", indique Dominique Michel, l'administrateur-délégué.

Ces fédérations partagent un constat: la pratique du "click an collect", actuellement admise dans les magasins non-essentiels, n'assure qu'une vingtaine de pour cent du chiffre d'affaires.

UNE FORMULE D'AVENIR

Le retour progressif de la clientèle dans ce type de magasins passerait donc par une formule intermédiaire, qu'étudient d'ailleurs experts et gouvernements pour une éventuelle application assez rapide: un rendez-vous en magasin, pour une durée déterminée.

Pas de bousculade ni à l'intérieur, ni à l'extérieur, un service individuel assuré.

De leur propre initiative, des commerçants l'ont développée après le déconfinement et avant la nouvelle fermeture temporaire de leur boutique, tels cet encadreur à Wavre ou ce galeriste au centre de Bruxelles:

"Ce système de rendez-vous, nous l'avons adopté sans perdre notre clientèle. Nous savons que si elle vient, elle est intéressée. Elle sait que notre service sera meilleur. A nous de faire vivre notre enseigne sur les réseaux sociaux notamment."

Serait-il avantageux de généraliser à la clientèle de tous ces magasins indépendants l'obligation de s'annoncer et de limiter sa présence dans le temps?

La nature même de nombreux articles et produits vendus ici et là refroidirait un tel projet qui condamnerait le flâneur. Le coup de cœur devant une vitrine serait interdit! 

Mais à l'avenir, des commerçants pourraient alterner des journées, comme un médecin entre séances de consultations et de rendez-vous.

ENTRER POUR PAYER UNIQUEMENT

A l'heure actuelle, des petites ou moyennes surfaces d'articles non-essentiels ouvrent leur porte à des clients.

Pour payer par carte, sur la machine vissée au comptoir, la marchandise ayant été livrée à l'extérieur? C'est autorisé.

Ce qui ne l'est pas, malgré toutes les précautions sanitaires, c'est le service habituel dans le magasin, ce qui se pratique pourtant, notamment pour des jouets, à quelques jours de la Saint-Nicolas.

LIMITER LES PLACES

Plus généralement, une étude américaine indique qu’une restriction absolue n’est pas forcément la solution pour endiguer les contaminations.

Dans les restaurants et bars par exemple, les chercheurs plaident davantage pour réduire le nombre de places assises et donc le taux d’occupation et d’éviter les heures de pointe. 

"Ils donnent donc des pistes pour aboutir à des diminutions d’occupation par rapport à la capacité maximale de l’ordre de 80%. Donc, avoir une occupation étalée sur la journée, des restaurants acceptant 20% d’occupation maximale en étalant au maximum, aurait des effets vraiment très puissants de diminution de la contagiosité", résume Benoît Mulkens,  virologue et professeur de l'UNamur.

 

 

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