Des policiers accusés de racket sur les candidats réfugiés au parc Maximilien

Des migrants du parc Maximilien, à Bruxelles, dénoncent des réveils brutaux et des faits de racket commis par des policiers, a divulgué jeudi la RTBF. Ces accusations sont remontées jusqu'à des bénévoles du groupe "Solidarité avec les réfugiés de la gare du Nord". Ilse Van de Keere, porte-parole de la zone de police de Bruxelles-Ixelles, affirme qu'une enquête judiciaire sera lancée sans délai et que le Comité P a été contacté.

Françoise Romnée, bénévole au sein du groupe "Solidarité avec les réfugiés de la gare du Nord", estime que "ces réveils musclés" ne sont pas systématiques, mais qu'ils existent réellement. "Il arrive que des policiers donnent des coups de pied dans les sacs de couchage pour les réveiller. Il y a déjà eu des matraquages au réveil. Ce sont des petits coups sur la tête, dans le dos...", explique-t-elle.

C'est crapuleux

Quant aux vols, elle rapporte que les plaintes se font de plus en plus entendre. "Plusieurs réfugiés sont venus me trouver en disant qu'ils n'avaient plus leur argent ni leur GSM. Ils ont fini par me dire que c'était la police. Je suis tombée de haut. C'était un groupe de jeunes qui se promenait à 06H00 du matin aux alentours de la gare du Nord. Le conducteur d'un combi de police leur a crié de s'arrêter. Après la fouille, les policiers ont gardé l'argent. L'un d'eux dit avoir perdu 450 euros! Ces deux dernières semaines, j'ai entendu quatre histoires similaires. (...) C'est crapuleux. Ils savent que les migrants ne vont pas aller porter plainte, vu qu'ils n'ont pas de papiers. Leur GSM est leur seul moyen de contacter leurs familles."

La police de Bruxelles-Ixelles n'a pas connaissance de tels faits, tout comme les autres instances de police et judiciaires contactées. "On a une approche globale de sécurité autour de la gare du Nord", explique Louise Weber, porte-parole de la zone de police de Bruxelles-Nord. "On n'a pas constaté de réveil forcé et aucun vol ne nous a été signalé."

Le parquet de Bruxelles n'a pas non plus de trace de tels faits. "Il faudrait que des migrants puissent déposer plainte ou nous informent plus précisément", commente le porte-parole du parquet de Bruxelles, Gilles Dejemeppe. "C'est tout nouveau comme information. On va déjà contacter les zones de police. Mais, dans des cas pareils, si on a des éléments, ce n'est pas la zone de police dans laquelle travaillent des policiers qui pourraient être impliqués qui va chapeauter l'enquête."

À Anvers également

Geza est érythréen et les faits qu’il relate se sont produits à la gare du Midi: "Ils sont venus, l’ont arrêté, lui et son ami, ils ont pris dans son sac l’argent qu’il y avait, il dit qu’il y avait pour 450 euros, et son téléphone. Et ils les ont laissés partir. Ils ont fait comme s’ils fouillaient et quand il a récupéré son sac, il a regardé, il n’y avait ni argent ni téléphone. Il a essayé de leur faire comprendre et ils lui ont demandé de partir".

D’autres occupants du parc font état de policiers débarquant vers 6 heures du matin et distribuant des coups de matraque aux personnes endormies. Des policiers auraient aussi volé portables et argent à un groupe de 17 migrants, mais ces faits-là se seraient déroulés dans la région anversoise.

"Si ces faits sont exacts, ils nous choquent profondément. Ce genre de comportement est intolérable", a par ailleurs réagi Stéphane Deldicque, secrétaire permanent de la CSC Police. "Cela jetterait l'opprobre sur l'ensemble de la profession. Or, on ne peut pas se permettre que le doute s'installe."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK