Périphérie: des places en crèches menacées pour raisons linguistiques

L'emploi du néerlandais imposé par Kind en Gezin pourrait menacer les places d'enfants francophones
L'emploi du néerlandais imposé par Kind en Gezin pourrait menacer les places d'enfants francophones - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Dans certaines crèches de la périphérie, l’usage du français est parfois très courant voire extrêmement majoritaire. Mais de nouvelles règles imposent l'usage du néerlandais dans les centres agréées par l’ONE flamand, Kind en Gezin. Les puéricultrices devront prouver leur connaissance du néerlandais avant d'exercer, même dans les communes à facilités.

Dans une crèche privée de Rhode-Saint-Genèse, les comptines se chantent en français car les enfants et puéricultrices sont francophones. Mais la crèche dépend de Kind en Gezin, l'ONE flamand, et en vertu d'un nouveau décret la responsable devra bientôt prouver lors d'un test qu'elle parle le néerlandais pour exercer.

La responsable de la mini-crèche nous a confié son inquiétude : "J'ai mes connaissances de néerlandais de l'école, je le comprends mais suivre à nouveau des cours, cela me parait difficile", explique Chantal.

Comme elle, beaucoup de puéricultrices craignent de ne pas avoir le niveau requis et les doutes grandissent: "Si on a pas le diplôme requis, on n’a pas d’agrégation et on pourrait nous fermer la crèche du jour au lendemain, alors on deviendrait quoi ?".

Cette situation, qui pourrait devenir problématique dans les crèches fréquentées par les francophones, alarme le MR. Par la voix de Sophie Wilmès, l’échevine de la petite enfance à Rhode-Saint-Genèse, il souhaite que le gouvernement flamand retire cette exigence linguistique du décret.

L’objectif pour l’organisme flamand serait de s’assurer que les accueillantes maitrisent assez bien le néerlandais pour comprendre les règles qu’on leur impose. "Il faudra qu’on m’explique comment ça se fait que depuis 25 ans, alors qu’elles ne connaissent pas le néerlandais, qu’elles ont compris suffisamment les règles pour pouvoir être en ordre", s’interroge l’élue communale.

Du côté de Kind et Gezin, le ton se veut rassurant car le changement n’est pas pour tout de suite : "Il y aura une période de transition d'un an, avant que les responsables de crèches doivent vraiment prouver leur connaissance du néerlandais. Et on ne demande pas la même connaissance au responsable et aux puéricultrices", explique Leen Du Bois, la porte-parole de l’organisme.

Mais dans la périphérie bruxelloise ce décret inquiète. A Rode-Saint-Genèse, on estime que la moitié des places de crèches risquent d’être supprimées pour des raisons linguistiques.

Fiona Collienne avec Grégoire Ryckmans

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