Des pilotes "à bas prix" chez Ryanair? Un pilote témoigne

Des pilotes "à bas prix" chez Ryanair? Un pilote témoigne
Des pilotes "à bas prix" chez Ryanair? Un pilote témoigne - © Tous droits réservés

Récemment, suite à une série d'incidents survenus sur des avions Ryanair, la question de la sécurité à bord des appareils de la compagnie low cost a été soulevée. Aujourd'hui, le témoignage d'un pilote travaillant chez Ryanair, mais qui est en partance vers une autre compagnie aérienne, apporte son lot d'explications. Des pilotes "à bas prix" sont notamment évoqués.

Un des problèmes soulevés par cet informateur, qui s'est confié à la CNE, c'est que Ryanair embauche de facto des pilotes "à bas prix".

Depuis un an, la compagnie les oblige à déclarer leurs revenus en Irlande où ils doivent fonder une société et ont un statut d’indépendant alors qu'auparavant, la plupart localisaient leur société au Luxembourg.

L’imposition irlandaise de crise a eu comme conséquence de diminuer considérablement les rémunérations nettes des pilotes avec pour conséquence, l’exode des pilotes les plus expérimentés vers d'autres compagnies proposant des postes plus rémunérateurs.

Selon ce pilote, les commandants de bord Ryanair sont donc tous de jeunes pilotes qui dépassent juste le nombre d’heures de co-pilotage requis pour avoir le titre de pilote numéro 1.

Dès que son expérience est faite et qu’il a pu voler le nombre d’heures nécessaire que pour confirmer son statut, il cherche alors un contrat plus intéressant. D'après lui, c'est cette inexpérience qui pourrait notamment expliquer certains atterrissages d’urgence pour des problèmes techniques qui parfois n’existent pas. "Par manque d’expérience et principe de précaution", dit-il.

Les économies de carburant confirmées

Au mois d'août, la compagnie low cost a été soupçonnée de faire des économies en ne remplissant pas assez ses réservoirs de kérosène. Une stratégie niée par celle-ci déclarant que "tous les vols de Ryanair opèrent avec les niveaux de kérosène requis".

Les informations recueillies auprès du pilote confirment pourtant cette hypothèse : "Étant donné l’augmentation du prix du kérosène, la quantité de carburant embarqué (et donc son poids) est de plus en plus (trop ?) 'finement' calculé. Et parfois, dès lors que certains paramètres changent (par exemple la force et la direction des vents), la quantité de kérosène peut parfois être un peu juste. Ce qui nécessite parfois des atterrissages un peu précipités. Même si un aéroport n’empêche jamais un avion en difficulté d’atterrir, il trouve lui-même cela un peu inquiétant", nous écrit le syndicat.

Pour le reste, le pilote affirme que les avions sont entretenus avec toute la rigueur voulue et qu'ils ne présentent pas de risque particulier.

 

C. Biourge

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