Appendicites, AVC, anévrisme: ne traînez pas à appeler les urgences, même pendant cette période de coronavirus!

Des patients atteints d’autres pathologies que le Covid-19 se rendent trop tard aux urgences.
Des patients atteints d’autres pathologies que le Covid-19 se rendent trop tard aux urgences. - © PAUL-HENRI VERLOOY - BELGA

C’est l’UZ Brussel, grand hôpital universitaire de la capitale qui lance un appel à la vigilance. Il incite les patients qui n’ont pas le Covid-19 à se tourner vers les urgences rapidement s’ils présentent des symptômes inquiétants en raison d’autres pathologies.

Il faut dire que depuis l’épidémie de Covid-19 et les mesures de confinement, des conseils ont été donnés de ne pas surcharger les urgences. Pour respecter cette consigne ou par peur d’une contamination, des patients retardent leur passage aux urgences.

Le constat que fait aujourd’hui l’UZ Brussel, d’autres hôpitaux du pays le font aussi.

L’UZ Brussel explique ainsi avoir traité cette semaine des patients qui auraient pu être mieux soignés s’ils étaient venus plus tôt aux urgences. Ce sont les médecins du Centre des maladies cardiovasculaires de l’UZ Brussel qui tirent la sonnette d’alarme. Ils ont vu une série de patients qui sont arrivés dans un état catastrophique parce qu’ils avaient reporté des soins nécessaires.

Des patients amputés ou décédés car soignés trop tardivement

Le Professeur Erik Debing, Chef du service de Chirurgie vasculaire au Centre des maladies cardiovasculaires de l’UZ Brussel, explique : " Un patient a dû être amputé d’une jambe en raison d’un apport insuffisant trop long en oxygène dû à un rétrécissement de l’artère. Un autre patient se retrouve paralysé à vie à cause d’un AVC et encore un autre patient est décédé d’un anévrisme durant le transport vers la salle d’opération ".


►►► À lire aussi : confinement Covid-19: il y aura des conséquences pour la santé mentale des Belges 


Des histoires dont l’histoire aurait cependant pu être moins tragique si les patients étaient arrivés plus vite aux urgences, comme l’explique le Professeur Debing : " Ce sont des histoires horribles car si l’on prend le dernier patient, en étant venu à l’hôpital plus tôt, lors de ses premières plaintes (des douleurs en coups de couteau dans le dos trois jours plus tôt) il aurait pu normalement quitter l’hôpital après une intervention un jour plus tard ".

Ne pas hésiter à contacter son médecin ou les urgences

Alors, explique-t-on à l’UZ Brussel, il ne faut pas hésiter à se tourner vers les urgences en cas de symptômes inquiétants, comme le rappelle le Prof. Bernard Cosyns, chef du service de cardiologie du l’UZ Brussel : " Les signaux d’alerte, ce sont des patients qui ont des douleurs thoraciques, des palpitations, des malaises, des syncopes, qui ont des douleurs dans les jambes, des douleurs abdominales suspectes ".

L’hôpital appelle aussi les médecins généralistes et les patients suivis pour des pathologies cardiovasculaires à être vigilants aux signaux d’alerte tels que des douleurs derrière le sternum, des picotements dans les membres, une perte de parole soudaine… afin de pouvoir intervenir à temps. " Les patients chroniques ont également la possibilité d’être vus en urgence. Nous avons organisé le service pour que ces patients puissent être vus dans une liste de consultations d’urgence. Pour ce faire, nous avons un numéro de téléphone, une ligne verte, qui est disponible pour tous les médecins traitants et les cardiologues qui veulent référer leurs patients en urgence ".

A l’UZ Brussel, la diminution de fréquentation des urgences pour des pathologies non liées au Covid-19 est importante. En temps normal, le service accueille environ 250 patients par jour. Actuellement, ce chiffre est descendu à 150. Et les patients qui viennent sont plus souvent dans un état critique. Habituellement, dans cet hôpital, on effectue deux à trois appendicectomies par jour. Pour le moment, c’est plutôt deux à trois par semaines. Des statistiques qui indiquent que des patients reportent des soins de manière importante, en prenant le risque de se retrouver dans un état grave.

 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK