Des particules extraterrestres appelées "sphérules de condensation" identifiées dans l'est de l'Antarctique

Steven Goderis (VUB) et Matthias van Ginneken (ULB) sur la chaîne montagneuse Sor Rondane en Antarctique. La moraine de fond et les sédiments près de la crête ont été échantillonnés et tous deux contiennent des micrométéorites.
Steven Goderis (VUB) et Matthias van Ginneken (ULB) sur la chaîne montagneuse Sor Rondane en Antarctique. La moraine de fond et les sédiments près de la crête ont été échantillonnés et tous deux contiennent des micrométéorites. - © FRANS STEENHOUDT - BELGAIMAGE

Une équipe internationale de géologues spécialisés dans les météorites a découvert sur la calotte glaciaire de l'Antarctique de nouvelles preuves d'un impact laissé par une météorite ayant explosé à basse altitude il y a 430.000 ans, a indiqué jeudi l'Université libre de Bruxelles (ULB) dans un communiqué. Matérialisées dans de petites particules d'impact et non un cratère, les preuves de tels événements restent rares.

Lors d'une expédition menée en 2017-2018 depuis la station belge Princesse Elisabeth, l'équipe, dirigée par le Dr Matthias van Ginneken de l'École des sciences physiques de l'Université britannique du Kent et ancien chercheur à l'ULB, la Vrije Universiteit Brussel (VUB) et l'Institut royal des sciences naturelles (IRSNB), a mis au jour des particules extraterrestres appelées "sphérules de condensation" dans la chaîne montagneuse de Sor Rondane, dans l'est de l'Antarctique.

Comme en Sibérie

Ces particules sont liées à une explosion aérienne inhabituelle de météorite. Quand elles entrent dans l'atmosphère, les grosses météorites peuvent en effet s'écraser et former un cratère au sol, ou exploser en plein vol. Dans ce second cas, elles génèrent une onde de choc puissante et destructrice. Cela avait par exemple été le cas en 2013, rappelle l'ULB, lorsqu'une météorite avait explosé au-dessus de la métropole russe de Tcheliabinsk, projetant des éclairs incandescents dans le ciel et blessant près d'un millier de personnes dans cette région de l'Oural. Un siècle plus tôt, le 30 juin 1908, un astéroïde avait éclaté au-dessus de Toungouska, en Sibérie. Il avait détruit la forêt sur environ 20 km2 et produit une onde de choc dont les dégâts étaient encore notables une centaine de kilomètres plus loin, avec une puissance estimée à près de 30 fois la bombe d'Hiroshima.


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En Antarctique, l'analyse chimique des sphérules cosmiques a montré une forte teneur en nickel, résultant de leur nature extra-terrestre, mais aussi de l'oxygène, ce qui indique qu'elles ont interagi avec l'oxygène provenant de la couche de glace de l'Antarctique. "Cela ne peut survenir que si l'explosion aérienne s'est produite suffisamment près de la surface et que l'onde de choc a fondu et vaporisé la glace, qui s'est alors mélangée aux particules de la météorite dans le panache de l'impact", expliquent les chercheurs.

Onde de choc

Ces derniers soulignent la puissance destructrice que peut avoir ce genre d'événements, particulièrement à grande altitude. À Tcheliabinsk par exemple, l'explosion s'était produite entre 30 et 50 km d'altitude. L'étude, publiée par Science Advances, insiste dès lors sur l'importance de réévaluer la menace des astéroïdes de taille moyenne. "Il est en effet probable que ces météorites explosent dans l'atmosphère et génèrent une onde de choc" qui pourrait causer de graves dommages. L'équipe souligne l'importance d'identifier ces phénomènes au cours du temps dans d'autres contextes géologiques pour "pouvoir évaluer leur fréquence et mieux paramétrer les astéroïdes potentiellement dangereux en termes de taille et de vitesse".

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