Des pansements qui pensent : l’ULB développe des patchs intelligents

Nous sommes en 2030, vous êtes blessé dans un endroit isolé. Vous appliquez un pansement intelligent connecté. A distance, votre médecin peut vous prodiguer des conseils, car le patch lui envoie des informations précises sur la température de votre blessure, son acidité, son niveau d’hydratation, et l’intelligence artificielle lui permet de prédire la probabilité de surinfection. Ce futur se prépare aujourd’hui, dans ce laboratoire de l’Université libre de Bruxelles, et c’est un projet financé par l’OTAN.

Une team pour un patch

Des imprimantes 3d biocompatibles, des microscopes, de la persévérance et l’anglais comme langue de communication entre le Docteur Carlo Saverio Iorio et l’équipe de doctorantes sur le projet de pansements intelligents. Vanja Miskovic vient de Serbie et fait sa thèse de doctorat à l’ULB. Nefele Giarratana est italienne et est doctorante à la KULeuven. Chacune d’elles s’occupe d’un des aspects de ce pansement du futur, de la couche en contact avec la plaie à celle qui envoie les informations sur la température, le PH et l’hydratation, en passant par celle qui peut guérir la blessure plus rapidement grâce à des cellules souches.

Les blessures parlent

Vanja Miskovic partage son temps entre le laboratoire et l’hôpital Reine Astrid : là, elle photographie des blessures. Ces photos multiples apprendront à l’intelligence artificielle ce que sont une blessure avec un bon pronostic de guérison et une plaie en voie d’infection : "Je prends des photos des blessures avec une caméra thermique. Avec ces photos, j’essaye de corréler la température à la blessure, avec des systèmes qui indiquent le statut de la blessure."

C’est l’aspect "prédictif" du pansement, le plus novateur : il doit permettre à un médecin de prédire l’évolution d’une plaie, sans devoir examiner le patient. Le Dr Carlo Saverio Iorio précise que "la grosse difficulté, c’était de coupler la possibilité de soigner la blessure, tout en la monitorant, de façon intelligente, et en transmettant les signaux biophysiques qui venaient de la blessure vers les senseurs et les interpréter." Chaque aspect du pansement doit d’ailleurs obtenir une autorisation spécifique du Comité de bioéthique, ce qui prend du temps.

Des troupes, des civils et des astronautes

L’OTAN finance en partie ce projet d’utilisation de patches à capteurs intégrés pour une guérison rapide (RAWINTS). Les chercheurs belges, sont épaulés par des chercheurs japonais, italiens et espagnols, avec l’aide du programme OTAN pour la science au service de la paix et de la sécurité (SPS). Le pansement intelligent a aussi retenu l’attention de l’Agence spatiale européenne et de la NASA, qui comptent le tester en apesanteur.

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