Des néonazis dans l’armée française, qu’en est-il en Belgique ? "Des militaires sont surveillés"

Ce sont des révélations qui choquent et secouent l’armée française: le site d’information Médiapart révèle que l’armée est gangrenée par une filière néonazie. Cela concernerait une cinquantaine de militaires. Des soldats qui affichent ouvertement leurs convictions au sein même des casernes et sans véritables sanctions.

Nous nous sommes donc renseignés auprès de la Défense belge pour savoir si des cas similaires ont été recensés chez nous récemment et ce qui est mis en place pour éviter que la Défense ne soit infectée par quelques pommes pourries.

Par le passé, la Défense a déjà dû gérer des cas de militaires appartenant à des groupuscules d’extrême droite. Ces dernières années, la Défense a notamment dû faire faire face à des soldats présentant des signes de radicalisation islamiste. Des dossiers délicats mis au jour suite à la vague d’attentats qui a touché l’Europe dès 2015.

Si la menace islamiste est toujours bien réelle, ce sont les mouvements d’extrême droite et les groupuscules néonazis qui inquiètent le plus la Sureté de l’État aujourd’hui. Une éventuelle présence de néonazis au sein de la Défense représenterait donc un véritable danger pour notre société.


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Des militaires sous surveillance

Nous avons demandé à Tony Bargibant, secrétaire permanent du syndicat CGSP-Défense, si des cas similaires à ceux de l’armée française ont été repérés ces derniers temps côté belge. "De ce que je sais, le Service Général du Renseignement et de la Sécurité (SGRS) fait des contrôles à ce niveau-là. Il y aurait donc des cas problématiques mais c’est une infime minorité, ils ne représentent quasiment rien. Mais ce ne sont pas des cas de néonazis comme en France".

Des militaires sont donc dans le collimateur de la SGRS: "dès que la Défense a des soupçons sur certaines personnes, il y a un screening qui est réalisé et ces gens-là sont surveillés de partout, aussi bien sur les réseaux sociaux que dans leur quotidien", explique le syndicaliste.

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Image d’illustration © BELGA

L’extrême droite dans le viseur

De déclarations confirmées par le service presse de la Défense qui nous explique que le Service Général du Renseignement et de la Sécurité et les autres services de sécurité de l’Etat sont attentifs à toute forme d’extrémisme et/ou de radicalisme pouvant mettre en péril la société belge.

La Défense explique que le SGRS constate une hausse de la menace d’extrême droite :"Ce service a une très bonne collaboration avec la Sûreté sur ce sujet. Nous possédons une plateforme qui travaille sur l’extrémisme non religieux, entre autres l’extrême droite. Le SGRS se focalise sur l’extrême droite au sein de la Défense. Nous suivons pour l’instant une trentaine de militaires de très près, pour leurs sympathies ou leurs liens évidents avec des groupes de droite radicale. C’est important à suivre et nous le faisons bien. On creuse et on trouve. Le screening fonctionne bien. Nous souhaitons cependant souligner que la menace reste minime au sein de la Défense".

La Défense ajoute qu’actuellement aucun soldat n’est surveillé pour ses convictions en lien avec l’extrême gauche.

Quelles sanctions ?

Des soldats sont donc actuellement surveillés pour leur rapprochement avec l’extrême droite. Que risquent ces soldats si leur appartenance à un de ces mouvements est confirmée ?

Les sanctions tomberaient immédiatement selon Tony Bargibant : "À ma connaissance, il n’y a pas encore eu de cas avéré de militaires appartenant à des mouvances d’extrême droite. Si ce devait être le cas, je pense qu’il y aurait de grosses sanctions car ce n’est pas dans la philosophie de la Défense d’être pro extrême droite et encore moins néonazi".

Trier sur le volet

Pour tenter d’éviter de se retrouver avec des soldats aux tendances radicales, la Défense assure que le processus de sélection des futurs soldats suit un protocole strict : "Les propos, signes distinctifs et/ou comportements extrémistes peuvent être décelés à plusieurs niveaux lors de la procédure de sélection à la Défense. Il faut d’abord rendre un certificat de bonne vie et mœurs et un extrait du casier judiciaire".

Plusieurs étapes et entretiens sont ensuite prévus comme une enquête de sécurité, un questionnaire pour détecter d’éventuelles tendances extrémistes, un test de personnalité et enfin un nouvel entretien de sélection avec possibilité de demande d’avis auprès d’un psychiatre. En cas d’échec d’une de ces étapes, le postulant peut être exclu.

Un processus de sélection confirmé par Tony Bargibant : "Les nouvelles recrues doivent passer certains tests et notamment un entretien avec un psychologue et d’autres médecins. C’est à ce moment-là que les cas problématiques peuvent être détectés. Un screening est aussi effectué sur chaque candidat et donc si un candidat a, par exemple, un antécédent judiciaire sur le sujet ou un lien évident avec un groupe d’extrême droite, il ne sera pas retenu non plus. La Défense met donc des choses en place pour éviter d’engager une personne proche des idéologies extrêmes quelles qu’elles soient".

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