Des munitions toxiques de la guerre démantelées en Belgique

les munitions ont parfois presque 100 ans
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les munitions ont parfois presque 100 ans - © Renaud Hoyois

Dès 1915, les soldats se retrouvent confrontés à un nouveau type d’obus. Les obus de gaz toxiques. Leur création et leur développement aura causé la mort de milliers de soldats lors des deux grandes guerres. A Poelkapelle, un centre de déminage s’attaque depuis des années à leur démantèlement.

Elles ont parfois presque 100 ans. Ces munitions sont explosives et parfois toxiques. Donc extrêmement dangereuses. Chaque année, des centaines de tonnes sont retrouvées en Belgique, la majorité dans la région de Flandres Occidentale. Sur les anciens terrains de guerre. Pour plusieurs raisons : " Environ une bombe sur trois n’a pas explosée. Ajoutez-y un sol meuble qui amorti l’impact des bombes et leur fonctionnement. En plus de cela, à la fin de la guerre, le paysage était un paysage de type lunaire. Et lors du nivellement des sols, des munitions ont été enterrées et remontent encore à la surface aujourd’hui", explique Guy De Decker, lieutenant-colonel et commandant du bataillon "Service de déminage de La Défense"

Parmi les obus, il y a ceux qui sont explosifs et ceux qui sont toxiques. Et aujourd'hui encore, le danger est réel. Pour le Commandant du DOVO-Poelkapelle, Glenn Nollet : " Le contenu toxique reste actif et même si on est contaminé, on risque d’avoir les mêmes problèmes qu’il y a 100 ans ".

Identifier le liquide

Les obus sont stockés à la Caserne de Poelkapelle puis analysés et placés dans une chambre de rayons X. " L'objectif est de pouvoir identifier le liquide à l'intérieur " explique Sven Devroe, capitaine-officier des opérations de munitions toxiques. " Cela nous permet ensuite de voir de quel type de bombe il s'agit. On peut aussi et surtout calculer l'espace qu'il y a entre le détonateur et le liquide pour ne pas faire d'erreurs quand nous allons découper et scier l'obus "

La sécurité est leur priorité.

En 1915, le chlore est le premier gaz à être utiliser dans une guerre. En réalité, 6000 bouteilles de chlore ont été ouvertes simultanément sur la ligne de front. " Avant 1915, cela ne fonctionnait que grâce au vent. Le vent portait le gaz jusque dans les camps ennemis. C’est l'Allemand Fritz Haber qui avait mis au point cette stratégie pour créer une brèche sur la ligne de front. Cela avait fonctionné le 22 avril 1915. Mais très vite, les techniques évoluent et les ingénieurs intègrent le gaz dans la structure des obus. " Freddy Bostyn, historien de La Défense.

Ces obus toxiques ont fait des ravages. D'autant que la créativité multipliait les combinaisons chimiques. Pour Sven Devroe : " On peut trouver jusqu’à 100 combinaisons différentes de gaz de combat. Elles ont été de plus en plus nombreux pour être plus efficace. Et de pouvoir combattre l’utilisation des masques à gaz. Ils l’ont fait avec un vomitif qui obligeait les soldats à enlever leur masque et à respirer le gaz. "

Après avoir été analysés et répertoriés, les obus toxiques seront détruits dans une chambre de détonation. Celle de Poelkapelle est rénovation. Elle sera de nouveau prête pour début 2016 pour détruire ces obus près de 100 ans après leur confection.

Quentin Warlop