Des moustiques génétiquement modifiés pour éradiquer le paludisme?

Éliminer les moustiques pour éradiquer le paludisme ?
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Le paludisme (aussi appelé malaria) a fait 445 000 morts en 2016, soit seulement 1000 de moins qu'en 2015. Pour tenter d'éradiquer cette maladie véhiculée par le moustique Anopheles gambiae, des scientifiques ont utilisé une technique de modification génétique appelée "forçage génétique".

Ces chercheurs d’une équipe de l'Imperial College de Londres, financée par la fondation Bill et Melinda Gates, ont réussi à modifier le gène qui sert "d'interrupteur" lors de la création du moustique dans l'oeuf.

Rendre les femelles inoffensives

Cet "interrupteur" génétique contrôle le sexe du futur moustique donnant soit un moustique mâle inoffensif, soit un moustique femelle capable de piquer et donc de propager la maladie.

Au cours de son étude, l'équipe de scientifiques a perturbé ce gène en utilisant la méthode CRISPR (technique employée dans le cadre du forçage génétique).

Ils ont constaté que cette modification n'affectait pas du tout les moustiques mâles qui restaient en bonne santé mais qu'elle rendait les femelles totalement stériles et incapables de piquer, ne pouvant donc plus propager la maladie.

Il faudra encore 5 à 10 ans

Une fois ce gène modifié chez quelques individus, cette modification se transmet aux autres moustiques jusqu'à ce que toute la population soit affectée et donc incapable de se reproduire. Cette technique de modification génétique a été réalisée dans un laboratoire anglais où une population de moustiques a été totalement éradiquée. Les moustiques mutants sont tous morts au bout de 4 à 5 mois.

Cette méthode de modification génétique pourrait être une alternative au vaccin contre le paludisme qui, dans l'état actuel des choses, n'est pas suffisamment disponible pour éradiquer la maladie.

La découverte pourrait être une énorme avancée dans la lutte contre le paludisme mais cette expérience n'en est qu'à ses débuts.

"Il faudra encore 5 à 10 ans avant que nous envisagions de tester des moustiques à l'aide du ‘forçage génétique’ dans la nature [l’expérience ayant été réalisée en milieu fermé, ndlr], mais nous avons maintenant des preuves encourageantes que nous sommes sur la bonne voie", explique, sur le site de l'Imperial College, le professeur Andrea Crisanti qui a co-dirigé l'expérience.

 

Découvrez l’intégralité de l’étude via le reader ci-dessous:

L'étude complète (en version anglaise)

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