Des microplastiques dans neuf grands fleuves européens, dévoile la Fondation Tara Océan

Le voilier scientifique Tara en octobre 2018 à Lorient.
Le voilier scientifique Tara en octobre 2018 à Lorient. - © SEBASTIEN SALOM GOMIS

Des microplastiques omniprésents, véritables "éponges à polluants": après six mois à sillonner neuf fleuves européens, la fondation Tara Océan a dévoilé samedi ses premières conclusions sur cette source majeure de pollution.

Des scientifiques ont prélevé des échantillons dans la Tamise, l'Elbe, le Rhin, la Seine, l'Ebre, le Rhône, le Tibre, la Garonne et la Loire entre mai et novembre, "au large des neuf estuaires, à leur embouchure, en aval et en amont de la première grande ville à forte population située sur les fleuves", selon un communiqué de presse.

90% des 5000 milliards de morceaux de plastiques flottant à la surface de nos océans

"100% des prélèvements d’eau effectués dans les neuf fleuves européens contenaient des microplastiques", indique la fondation Tara Océan: les plastiques provenant de la terre ferme se décomposent rapidement dans les fleuves, avant même d'atteindre le large. Parmi ces microplastiques se trouvent des microbilles présentes dans certains cosmétiques et des dentifrices, mais surtout des minuscules fragments de moins de cinq millimètres.

"Ces microplastiques représenteraient plus de 90% des 5000 milliards de morceaux de plastiques flottant à la surface de nos océans", estime la fondation Tara Océan, qui a travaillé sur cette mission avec 17 laboratoires de recherche sous l'égide du CNRS.

Les scientifiques ont également observé que ces microplastiques étaient toxiques. "Certaines matières plastiques relarguent leurs additifs (notamment des perturbateurs endocriniens comme les bisphénols A et les phtalates)", rappelle la fondation Tara. Mais encore plus inquiétant, d'autres plastiques "se sont aussi révélés être des 'éponges à polluants'": ces petits bouts accumulent "des polluants présents dans les fleuves (pesticides, hydrocarbures, métaux lourds...) et peuvent avoir des effets toxiques sur les organismes qui les ingèrent, ralentissant leur croissance, leur reproduction, en perturbant leur métabolisme et leur système hormonal", selon l'analyse scientifique.

Ces prélèvements seront disséqués pendant 12 à 18 mois en laboratoire, pour tenter de savoir d'où viennent ces plastiques ou encore identifier les bactéries et microorganismes qui participent à leur fragmentation. L'omniprésence de ces microplastiques "rend impossible le nettoyage des fleuves. Les solutions contre cette hémorragie sont définitivement à terre", relève Romain Troublé, de Tara Océan.

La fondation plaide pour une meilleure collecte et recyclage des déchets, une réduction des plastiques à usage unique dont les emballages ou encore une réduction du nombre de résines utilisés et la complexité des additifs.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK