"Des mesures basées sur pas grand-chose" : un collectif demande de revoir la gestion du coronavirus en Belgique

Des médecins, des scientifiques, des juristes, des économistes, des enseignants… Ils sont plusieurs dizaines à cosigner une tribune dans les colonnes de La Libre Belgique et du Soir ce jeudi 27 août. Intitulé "Lettre ouverte à nos responsables politiques : Il est urgent de revoir totalement la gestion de la crise Covid-19", cette carte blanche demande de revoir la gestion de l’épidémie de Covid-19 dans notre pays.

"La gestion actuelle de la crise sanitaire de la Covid-19 montre énormément de failles et trop d’inadéquation, écrivent-ils. Elle manque singulièrement de clarté et de transparence. Les questionnements qu’elle provoque restent désespérément sans réponse."

Et de demander : "Il faut dans les plus brefs délais mettre sur pied un ou plusieurs groupes de travail, indépendants du monde politique, constitués d’un large panel de personnes compétentes dans tous les secteurs impactés par cette crise (médical, santé publique, économie, secteurs sociaux, enseignement, justice, etc.) et représentatif de l’ensemble des citoyens."


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En tête de la liste des signataires, il y a le professeur Pierre-François Laterre. Le chef de service aux soins intensifs des cliniques universitaires Saint-Luc (UCLouvain) était l’invité du journal télévisé de 13h. L’occasion pour lui de détailler les raisons de cet appel au monde politique. "Ce ne sont pas uniquement nos libertés qui sont entravées. Je pense que le but du collectif est d’avoir une revisitation complète de ce qui a été fait jusqu’à maintenant, du caractère disproportionné d’un certain nombre de mesures, de leur impact négatif."

Il ajoute : "Notre demande c’est de modifier le collectif et d’avoir de nouveaux groupes pluridisciplinaires venant de tous horizons avec des mesures qui sont prises sur des bases raisonnées, raisonnables, scientifiques prouvées, documentées et qui vont limiter aussi les effets collatéraux de toutes les mesures qui ont été prises jusqu’à présent."

Selon Pierre-François Laterre, "on n’a pas assez compté les dégâts liés au confinement". Pour autant, le médecin ne souhaite pas que cette carte blanche devienne une attaque dirigée contre l’un ou l’autre expert consulté par le gouvernement fédéral. Mais, tacle-t-il, "un grand nombre de décisions prises sont guidées exclusivement par des experts qui sont essentiellement des virologues qui n’ont pas mesuré, en dehors du fait de vouloir limiter la transmission du virus, tous les impacts secondaires sur l’ensemble de la population".


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Et le spécialiste de mettre en avant le protocole mis au point dans les écoles pour la rentrée scolaire. "Un certain nombre de mesures sont basées sur pas grand-chose. Il n'y a pas de données, pas de démonstration [du] bénéfice que ça va apporter." Sans oublier qu'"il y a un moment où la lisibilité de ces mesures est complètement impossible. Ce qui est en train d’être fait rend les choses non réalisables et non gérables".

Le chef de service aux soins intensifs met aussi en avant un argument économique qui pourrait avoir un effet collatéral sur la santé publique. "On souhaite tous que la santé publique soit maintenue et renforcée, qu’un financement puisse suivre. Mais quand l’économie va perdre 50 milliards, ça veut dire qu’on perd au moins 5 milliards pour la santé publique. Pour maintenir la qualité de notre santé publique et offrir des moyens aux gens qui en ont besoin il est nécessaire que l’économie ne s’écroule pas", conclut-il.

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