Intervenir contre Ebola? "Pas le rôle de B-Fast", selon Didier Reynders

Des médecins belges alertent: l'Occident doit intervenir contre Ebola
Des médecins belges alertent: l'Occident doit intervenir contre Ebola - © DOMINIQUE FAGET - BELGAIMAGE

24 médecins belges spécialistes des maladies infectieuses lancent un appel urgent dans une carte blanche. Ils demandent à la Belgique d'intervenir le plus rapidement possible pour lutter contre la propagation de la maladie d'Ebola. Le ministre des Affaires étrangères (en affaires courantes), estime qu'il ne s'agit pas là d'une mission pour B-Fast et privilégie le soutien d'ONG sur place.

Marius Gilbert, professeur à l'ULB, a co-signé cette carte blanche. Il explique : "Il y a une épidémie qui augmente de façon incontrôlée. Les acteurs de terrain appellent à une aide logistique. Les pays occidentaux promettent des dons. Mais il va falloir un certain temps pour que cette aide se traduise sur le terrain. Et pendant ce temps, l’épidémie progresse. Il faut aller aider les acteurs de terrain". Pour lui, les acteurs de terrain, ONG, etc, sont débordés et fatigués par une épidémie qui va encore progresser.

Que fait la Belgique? Rien pour le moment

Mais que pourrait faire la Belgique ? "La Belgique dispose de moyens civils et militaires qu’elle peut déployer. Nous demandons que ces moyens médicaux soient mobilisés", répond le professeur.

En ce qui concerne B-Fast, la structure destinée à déployer l'aide d'urgence à l'étranger en cas de catastrophe ou de calamité, Didier Reynders estime que ce n'est pas sa mission.

"Ce n’est pas le rôle de B-Fast. B-Fast est vraiment destiné aux interventions d’urgence, très rapides, pendant quelques jours avant un retour dès que d’autres peuvent prendre le relais. Peut-être que des propositions concrètes permettront de déclencher une intervention comme celle-là, on verra", explique le ministre des Affaires étrangères en affaires courantes.

Jusqu'à ce que d'autres décisions soient prises, la contribution belge à la lutte contre cette épidémie se limitera donc à l'appui à des ONG déjà présentes sur place. "Ce que l’on est en train de regarder maintenant, c’est avec la coopération au développement, dans l’aide humanitaire comment imaginer d’être présent sur le terrain, essentiellement à travers des ONG. On travaille plutôt avec mon collègue de la coopération sur un relais, un financement d’actions d’ONG sur le terrain", explique-t-il. Il précise toutefois: "C’est le choix qui a été fait jusqu’à présent. Cela n’empêchera peut-être pas de financer l’envoi d’un laboratoire. Mais nous sommes en affaires courantes, j’espère que des décisions pourront tomber rapidement".

En attendant, la Belgique pourrait-elle être touchée par la maladie ? "La Belgique fait partie des cinq pays les plus à risque d’introduction en raison de liens avec l’Afrique", affirme Marius Gilbert qui note cependant que c’est surtout pour des raisons humanitaires qu’il faudrait intervenir, et non pour se protéger.

RTBF

 

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