Des Jeux olympiques en Belgique? Un rêve pas si fou que ça...

Des Jeux olympiques en Belgique ? Un rêve pas si fou que ça...
Des Jeux olympiques en Belgique ? Un rêve pas si fou que ça... - © DAVID STOCKMAN - BELGA

Il n’y avait plus de suspense, mais c’est désormais vraiment officiel : Paris accueillera les Jeux en 2024, ceux de 2028 ont été attribués à Los Angeles. Les membres du Comité international olympique ont mis fin par un vote à main levée à un faux suspense qui entourait depuis plus d’un mois cette double attribution des Jeux. Pierre-Olivier Beckers, président du COIB, le Comité olympique interfédéral belge, également membre du CIO, nous conte le sentiment général au moment du vote à main levée pour la double attribution de ces Jeux olympiques, et envisage la possibilité que ces Jeux soient, dans un avenir pas si lointain, organisés dans notre pays.

Nous avons ressenti une très grande émotion

"Nous avons ressenti une très grande émotion, une émotion qui nous a été donnée par les deux villes candidates, Paris et Los Angeles. Ces deux villes ont fait un travail extraordinaire et elles ont pu montrer en fin de parcours un très grand respect l’une pour l’autre et une volonté de travailler ensemble, en équipe, pour apporter au sport et aux jeunes de demain le meilleur possible."

"Je crois que nous verrons dans la réalisation des Jeux aussi bien à Paris qu’à Los Angeles une très grande efficacité et une volonté de rester dans son budget, et surtout une très grande attention à l’héritage que laisseront ces Jeux et une efficacité dans la manière dont les Jeux seront préparés. Donc il y a eu un sentiment d’optimisme, un grand enthousiasme, et surtout une grande émotion parce que beaucoup d’athlètes étaient présents et finalement les athlètes nous ont convaincus que les Jeux restent un événement planétaire quasiment inégalé aujourd’hui."

Dans une ambiance où  "l'on a peut-être un peu trop politisé l’environnement qui tourne autour du sport", " il y a aussi la possibilité, grâce au sport, grâce aux athlètes, d’offrir à la jeunesse d’aujourd’hui et de demain un vent d’optimisme et une intégration culturelle dans le monde entier. Et ça, je pense que peu d’événements peuvent l’apporter à la population mondiale aujourd’hui. Les Jeux peuvent le faire et ça reste l’élément le plus extraordinaire, je pense, du mouvement olympique."

Des Jeux, comme "à la maison"

Ces derniers mois et ces dernières années, un certain nombre d’institutions belges s’étaient prononcées en faveur de la candidature de Paris. Ça a été le cas de la ville de Bruxelles par exemple. Pierre-Olivier Beckers est convaincu qu'il y aura des retombées pour la Belgique. "J’ai évidemment dû faire preuve de retenue et d’objectivité pendant toute la procédure de candidatures en tant que membre du Comité international olympique moi-même, mais il est clair qu’avec ma casquette de président du Comité olympique belge et citoyens belges, je suis convaincu que ces Jeux seront en fait ce que l’on peut avoir de plus proche. Je veux dire que je pourrais les appeler " des Jeux à la maison ."

"La proximité de Paris va permettre à énormément de Belges de pouvoir vivre ces Jeux. Je pense que l’intérêt et l’enthousiasme pour nos athlètes vont être énormes et qu’il y aura des retombées économiques directes lors des Jeux, une visibilité pour les sociétés et pour les partenaires commerciaux qui sera absolument unique par rapport à tout ce qu’on a connu lors des éditions précédentes. Donc il est clair que pour nous, ces Jeux vont être un moment très important que nous allons préparer longtemps à l’avance pour offrir une vitrine politique, sociale et économique, et surtout une politique de fête sportive, à l’ensemble de la population belge."

Les trois prochains Jeux auront lieu dans des villes traditionnelles qui ont déjà accueilli les Jeux olympiques : Tokyo, Paris, Los Angeles. Auparavant, le CIO avait pu faire preuve de plus d’originalité avec des territoires inexplorés. Là, on revient dans les rails du mouvement olympique... Car, il est vrai, organiser les Jeux olympiques est une très grande entreprise qui demande beaucoup d'investissement. "ll est difficile aujourd’hui d’organiser les Jeux dans des petites villes et seules les grandes villes du monde ont pour le moment accès à cette possibilité, commente le président du CIO belge. Donc on retrouve évidemment, par définition, toutes les quelques dizaines d’années, des villes qui ont déjà organisé les Jeux. Il y a aussi la possibilité pour des nouvelles villes, ça a été le cas de Rio par exemple, de se lancer dans l’aventure olympique. On voit qu’il y a des opportunités énormes, mais également des difficultés qui restent de ces candidatures-là et tout cela va faire partie des réflexions que nous allons mettre en œuvre dans les mois qui viennent."

Des JO belges ?

Au point de rêver de Jeux olympiques en Belgique, à Anvers, qui a déjà accueilli les Jeux, ou, soyons fous, à Bruxelles ? 
 "Je pense que c’est extrêmement difficile de les envisager en termes de candidature nationale. Par contre, le Comité olympique international a ouvert la porte de manière résolue et ambitieuse ces dernières années à l’idée d’une candidature régionale. Pour moi, la région peut être une région européenne, qui dépasse les seules frontières de la Belgique et j’ose rêver que nous pourrions imaginer une candidature dépassant nos frontières et pourquoi pas regroupant le Benelux par exemple. Je crois que c’est une idée ambitieuse, mais qui n’est pas totalement irréaliste et que j’aimerais pouvoir discuter avec les personnes appropriées dans les années qui viennent."

"Je crois qu’étant donné la ferme volonté du Comité olympique international de se remettre en question, de s’ouvrir à de nouvelles approches, je pense que les discussions un peu théoriques que nous avons eues aujourd’hui entre collègues des différents Comités olympiques du Benelux pourraient éventuellement prendre un peu plus de racines dans les années qui viennent. Ce serait pour après 2028, c’est-à-dire 2032. Donc on a un peu de temps pour préparer une candidature si nous le souhaitions. Nous avons un peu de temps pour réfléchir à tête reposée sur le bien-fondé d’une telle opportunité."

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