Des jeunes bruxellois deviennent partenaires de la STIB contre le harcèlement sexuel

Des jeunes bruxellois deviennent partenaires de la STIB pour lutter contre le harcèlement sexuel
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Des jeunes bruxellois deviennent partenaires de la STIB pour lutter contre le harcèlement sexuel - © Plan International Belgique

L'ONG Plan International vient de conclure un partenariat avec la société bruxelloise de transports en communs pour mieux lutter contre le harcèlement sexuel. "C'est une problématique de société, précise Cindy Arents, porte-parole de la STIB, donc pas forcément liée aux transports publics, mais nous constatons que nos usagers en sont parfois victimes également, donc nous avons décidé de nouer ce partenariat avec Plan International pour développer avec eux des campagnes et des messages à destination des jeunes".

Ce sont de jeunes bruxellois qui travailleront eux-mêmes, main dans la main, avec la STIB. Le projet s'inscrit dans le programme plus large "Safer cities" de Plan International. L'objectif est de rendre les villes plus sûres pour les filles. A Bruxelles, quatorze jeunes participent au projet: neuf filles, cinq garçons âgés de quinze à vingt ans. "Pour un projet axé sur le genre, c'est une très belle proportion", précise Manuela Varrasso, manager de la communication de Plan International Belgique.

La réalité du harcèlement sexuel en ville

Comment les filles vivent-elles dans l'espace public ? Voilà la première question qui a été posée aux jeunes quand le projet a démarré en février. "On a constaté que cela arrivait très régulièrement", explique Romane, quinze ans.

Parmi les jeunes hommes participant au projet, Ibrahima est tombé des nues face à l'ampleur du phénomène. "Cela m'a permis de me renseigner. J'ai pu en parler avec mes amis, qui peuvent en parler à d'autres. Et donc un jour, tout le monde pourrait être au courant".

Très vite, les quatorze jeunes se sont vu confier un appareil photo. Ils ont immortalisé les lieux qui leur posaient le plus de problèmes en termes de sécurité.

"Les petites ruelles, sombres, peu éclairées, mais aussi les transports en commun. Le harcèlement est très présent dans les transports en commun. Le métro est souvent bondé, les gens sont obligés de se serrer et certains en profitent pour faire des actes pas normaux".

La STIB a accepté de collaborer avec ces jeunes pour bénéficier de leur regard sur le harcèlement.

"En tant qu'ONG, notre mission est de permettre aux principaux concernés par un problème de s'exprimer sur ce problème. Nous défendons les droits des enfants et en particulier l'égalité pour les filles de moins de 24 ans. Nous voulons que les décideurs des transports publics et les politiques associés à ces questions de harcèlement sexuel écoutent les jeunes les plus concernés. Le but est d'associer les jeunes à des projets concrets. Ce que l'on espère, c'est que les décideurs institutionnels des transports publics et politiques écoutent les solutions proposées par les jeunes pur que les stratégies proposées soient adaptées au public cible. Le public cible sont les jeunes de moins de 24 ans, il est donc selon nous adéquat que ce soient les jeunes qui soient impliqués pour mettre en place des projets qui les concernent".

Dix mois main dans la main avec la STIB

Les jeunes participants au projet devraient prendre part à des réunions stratégiques avec des décideurs de la STIB pour "mettre en place un plan d'action qui vise à sensibiliser les chauffeurs, les contrôleurs etc. au harcèlement sexuel, mais aussi pour mettre en place une campagne de communication pour la sensibilisation au harcèlement sexuel. Ce sont donc les idées très créatives des jeunes qui devraient être concrétisées dans cette campagne de communication qui devrait voir le jour après ces quelques mois de collaboration entre les jeunes et les décideurs de la STIB".

Le CEO de la STIB Brieuc de Meeûs complète : "Nous comptons inclure la thématique du harcèlement dans le programme de sensibilisation que nous menons dans les écoles. Les jeunes de Plan international pourront certainement nous aider en partageant avec nous leur vécu, leur analyse. Nous souhaitons construire avec eux des messages de sensibilisation qui auront plus d’impact auprès des jeunes".

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