Trois hébergeuses de migrants perquisitionnées dimanche en région bruxelloise

Des hébergeurs de migrants interpellés et perquisitionnés à Bruxelles et en région liégeoise
Des hébergeurs de migrants interpellés et perquisitionnés à Bruxelles et en région liégeoise - © Tous droits réservés

Dimanche matin, à Watermael-Boitsfort et à Saint-Gilles, ainsi qu'à Nandrin, en province de Liège, la police judiciaire fédérale (PJF) a fait irruption au domicile de personnes hébergeant des migrants dans le cadre de la plate-forme citoyenne d'aide aux réfugiés. Selon le communiqué de la plate-forme, les policiers ont fait preuve de brutalité. "A Saint-Gilles, l'hébergeuse M. âgée de 46 ans, dont la porte a été fracturée, a été malmenée et projetée au sol lors de la perquisition. Choquée et victime d'un malaise, elle a été emmenée à l'hôpital où elle a reçu une convocation à se rendre à la police judiciaire fédérale dans les prochains jours. Ses 3 invités ont été privés de liberté. Un des 3 hébergés a été libéré dans la soirée de dimanche. À Watermael-Boitsfort, la perquisition, très impressionnante par sa violence selon les premiers témoins, a conduit à la privation de liberté de l'hébergeuse, D. 54 ans - mère de deux enfants - et de ses 7 invités. L'un d'entre eux a finalement été remis en liberté dans les heures qui ont suivi l'opération de police." Lors de la troisième perquisition, également à Saint-Gilles, les enquêteurs n'ont découvert aucun hébergé. L'hébergeuse, âgée de 45 ans, a été privée de liberté. L'avocate de l'hébergeuse boitsfortoise ne confirme pas le recours à une violence disproportionnée de la part des forces de l'ordre.

"Lamentable", pour Olivier Deleuze

Alerté dimanche de la perquisition, le bourgmestre de Watermael-Boitsfort, Olivier Deleuze (Ecolo), ne mâche pas ses mots. "Je trouve ça lamentable. Dans ce quartier de la commune, il n'y a aucun risque en matière de sécurité et ce n'est certainement pas la priorité de la PJF d'aller perquisitionner un dimanche matin dans une petite rue. Si c'est ça, sa priorité, c'est qu'elle a trop de pognon (sic)".

Deux des hébergeuses ont été entendues ce lundi par le juge d'instruction. Elles n'ont pas été inculpées. Elles ont été ciblées par la police pour s'être rendues à l'une ou l'autre reprise sur des aires d'autoroute où sévissent des passeurs. Leurs hébergés essayaient de se rendre en Angleterre sans y parvenir et les ont appelées à l'aide pour qu'elles viennent les rechercher, explique leur avocate.

Un réseau de trafiquants démante

Le parquet de Bruxelles propose une toute autre lecture du dossier. L'enquête judiciaire a permis de démanteler une bande de trafiquants d'être humains qui convoyaient des transmigrants du parc Maximilien à Bruxelles vers la Grande-Bretagne. Lors des perquisitions du 7 octobre, la PJF a interpellé huit personnes en séjour illégal, "probablement des victimes en attente d'un transport imminent", selon le communiqué. Le réseau de passeurs transportait les candidats au passage en Angleterre jusqu'au parking Wanlin, en bordure de l'autoroute E411. Les trafiquants présumés cachaient ensuite les migrants - généralement des Soudanais ou des Erythréens - dans des camions, dans des conditions pénibles et dangereuses. Certaines victimes ont même été embarquées à bord de camions frigorifiques, précise le parquet.

Des 9 personnes déférées devant le juge d'instruction, 7 ont été placées sous mandat d'arrêt  comme auteurs ou co-auteurs de trafic d'êtres humains dans le cadre d'une organisation criminelle. Les deux personnes libérées sans inculpation sont donc les deux hébergeuses de Saint-Gilles et de Watermael-Boitsfort.

 

Archive : 7 à la Une 22/09/2018

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