Des enfants belges dans un état grave, touchés par une maladie rare, peut-être liée au Coronavirus: "n'hésitez pas à consulter!"

C’est le NHS (National Health Service) britannique qui a donné le premier l’alerte. Une douzaine d’enfants étaient hospitalisés dans un état grave, la plupart d’entre eux étaient positifs au Covid-19.

Les enfants souffraient d’une forte fièvre et des inflammations dans les artères.

La France aussi dénombre 25 cas en Région parisienne. Les pédiatres sont inquiets à l’heure où on parle de déconfinement. Ces enfants présentent tous des symptômes proches d’un syndrome de Kawasaki, une maladie rare provoquant l'inflammation des parois de certains vaisseaux sanguins dans le corps.

Une dizaine de cas en Belgique

En Belgique aussi, on dénombrerait une dizaine de cas.

David Tuerlinckx, pédiatre infectiologue au CHU Mont-Godinne /Dinant, explique : "Nous avons reçu des informations de l’UZ Gand et de St Luc, à Bruxelles qui se disent surpris d’avoir ces dernières semaines, quelques enfants d’âges différents le plus souvent testés positifs au Covid-19 avec une forte fièvre et des inflammations, une forme de Kawasaki. Des enfants très abattus dont l’état s’est très rapidement dégradé. Il faut savoir que ce syndrome touche le tube digestif mais aussi le cœur et une atteinte aux coronaires avec un risque de faire infarctus du myocarde."

Une maladie rare, tous ces cas en même temps, c’est une alerte sérieuse

Ce qui inquiète ces pédiatres, c’est que ce syndrome de Kawasaki est une maladie rare, quelques cas par an.

Alors avoir plusieurs cas sévères en même temps dans une région ou un hôpital, c’est une alerte. "Kawasaki n’est pas épidémique, c’est une réaction un peu particulière et parfois violente à une infection mais ce n’est pas contagieux. Donc tous ces cas simultanés nous font penser qu’il y a un lien avec l’épidémie actuelle, même s’il n’y a pas encore de preuves. Mais c’est une alerte à prendre au sérieux" poursuit David Tuerlinckx.

Une forme de syndrome de Kawasaki ?

Dans un cas de Kawasaki classique, les enfants peuvent parfois se retrouver entre la vie et la mort pendant quelques heures mais en général ils guérissent. Le taux de mortalité selon notre spécialiste est très faible : "Ils peuvent garder des séquelles cardiaques si le diagnostic est tardif. Dans les dernières hospitalisations que nous connaissons, c’est trop nouveau, il est trop tôt pour dire, s’il y aura des atteintes aux coronaires comme dans un syndrome Kawasaki classique. C’est très difficile à dire."

Monique Lejeune se souvient encore très bien de l’état critique dans lequel s’est retrouvée sa petite fille, Maicha, 4 ans à l’époque : "Elle avait 40 de fièvre, et ça ne baissait pas, elle était abattue et ne voulait plus manger. Un moment, elle s’est retrouvée entre la vie et la mort. Maicha est restée à l’hôpital pendant 3 semaines. Toute la famille a eu très peur. C’était il y a 3 ans, aujourd’hui, elle va bien et n’a gardé aucune séquelle. Mais j’ai peur pour elle, quand j’entends que des enfants contaminés auraient la même chose."

L’alerte est lancée aux soignants pour répertorier les cas

"Il est très important que nous soyons nous pédiatres, infectiologues mais aussi cardiologues que nous soyons informés de ce problème nouveau pour poser le diagnostic le vite possible. C’est le moyen d’éviter les séquelles surtout cardiaques. Mais aussi pour répertorier les cas."

"Mais nous lançons aussi un message aux parents, si votre enfant présente une forte fièvre qui ne tombe pas pendant plusieurs jours, qu’il est abattu, qu’il a des éruptions, il est impératif de consulter votre médecin ou votre pédiatre. N’ayez pas peur de venir à l’hôpital, il n’y a pas de risque. Et dans la majorité des cas, l’enfant va s’en sortir très bien."

Aucun décès n’a été répertorié chez ces enfants. Le nombre de cas reste heureusement très faible.

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