Des chercheurs de l'UCLouvain mettent au point une immunothérapie plus performante contre le cancer

Une équipe de l'UCLouvain vient de découvrir une nouvelle immunothérapie qui devrait permettre de venir en aide au patient pour lequel cette méthode révolutionnaire récente de lutte contre le cancer ne marche pas. 

Une découverte prometteuse pour la mise au point d'un médicament. Elle donne déjà de très bons résultats sur la souris. L'étude est publiée dans la prestigieuse revue scientifique "Nature Communications", ce vendredi.

Petite mise au point, l'immunothérapie, c'est quoi ?

Cette thérapie consiste à stimuler les défenses immunitaires de l’organisme. Nous avons tous déjà fait un rhume. Notre organisme lutte contre ce virus avec des anticorps produits par nos globules blancs appelés lymphocytes. L’immunothérapie fonctionne, de la même façon pour un cancer que pour un rhume. C’est donc un traitement qui booste notre propre corps à réagir contre la tumeur. Il stimule nos propres lymphocytes T(nos anticorps produits par les globules blancs).

Une molécule envoie des signaux qui paralyse les lymphocytes protectrices

Sophie Lucas, auteure de l’étude et Présidente de l’Institut de Duve nous explique : " Nos propres lymphocytes T sont très efficaces pour éliminer les cellules tumorales. Malheureusement, pour les patients qui ont un cancer qui progresse, ces lymphocytes ne sont plus efficaces. Elles sont paralysées. "

En 2009, la jeune chercheuse de UCLouvain découvre GARP, une molécule située à la surface des lymphocyte T.

En 2018, Sophie Lucas parvient enfin à comprendre le rôle de GARP : la molécule agit comme un messager pour les lymphocytes T. Elle envoie des signaux qui vont bloquer les lymphocytes T et donc les défenses immunitaires.

Une anticorps pour neutraliser la molécule paralysante

Avec son équipe, Sophie Lucas développe un outil (des anticorps anti-GARP) pour neutraliser le messager et l’empêcher d’envoyer ses signaux bloquants.

Les tests sont très prometteurs. Les scientifiques de UCLouvain sont parvenus, à neutraliser le messager chez des souris cancéreuses grâce aux anticorps anti- GARP. Si le messager est neutralisé, plus de blocage des réponses immunitaires, qui peuvent à nouveau éliminer les cellules cancéreuses.

Résultat ? La tumeur régresse rapidement, à condition de combiner les anticorps anti-GARP avec une autre immunothérapie ayant déjà fait ses preuves. Le pari de l’équipe UCLouvain: coupler deux approches d’immunothérapies complémentaires, agissant de manière distincte sur les défenses immunitaires, pour augmenter l’efficacité du traitement contre le cancer. Et ça marche ! 

A terme un traitement efficace contre le cancer du pancréas

La suite ? Réaliser ces mêmes tests sur l’être humain et ainsi, apporter une solution thérapeutique plus efficace dans la lutte contre le cancer. L'espoir, c'est de guérir tous ces patients qui ne répondent pas à une seule immunothérapie comme dans certains cancers du pancréas.

Si tout va bien, ce nouveau médicament devrait arriver sur le marché dans une dizaine d'années.  

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK