Des chercheurs belges contournent-ils la loi en pratiquant des expériences sur des singes sauvages au Kenya?

Des babouins sauvages en cage soumis à des expérimentations douloureuses voire mortelles
Des babouins sauvages en cage soumis à des expérimentations douloureuses voire mortelles - © Animal Rights

L'association "Animal rights"  manifeste aujourd'hui devant les laboratoires de la KULeuven. Les activistes pour le droit des animaux dénoncent des pratiques interdites par la loi belge. Ils ont mené l'enquête et affirment que des chercheurs de l'université catholique flamande et de l'UCLouvain contournent la loi depuis des années. Ils mènent des expériences sur des babouins capturés dans la nature.

Jen Hochmuth, la porte-parole d'Animal Right est furieuse: "Des babouins sauvages qui ne se méfient pas de l'homme sont prélevés dans la jungle, puis enfermés de petites cages pour servir aux expérimentations menés par ces chercheurs belges".

En cette journée mondiale de l'Animal dans les laboratoires, l'association réclame que ces expériences sur des singes cessent et soient remplacées par de nouvelles techniques sans animaux.

Des expérimentations animales douloureuses voire mortelles

Dans son rapport d'enquête, Animal Rights a épluché des dizaines de publications scientifiques de la KULeuven et de l'UCLouvain financées par des fonds publics.  Des millions d'euros de subvention qui auraient donc servi par exemple, à étudier des problèmes d'endométriose (une maladie gynécologique très fréquente chez la femme) ou encore des problèmes de fertilité.

A cette fin, des babouins femelles, en bonne santé, sont rendues malades pour devenir objets de recherche. Jen Hochmut détaille: " On leur coupe les ovaires, on les congèle puis on les transplante à nouveau. On enferme ensuite la femelle avec un mâle chez qui on a évalué la qualité du sperme en espérant qu'il la féconde. L'expérience n'a pas abouti, peut-être à cause du stress des animaux ainsi détenus dans des cages pendant des mois. Et cela continue encore aujourd'hui."

Une organisation britannique a tourné des images en caméra cachée dans ce centre d'expérimentation sur des primates à Nairobi. Elles montrent des conditions de vie déplorables.

Plus d'actualité à l'UCLouvain

Nous avons contacté l'UCLouvain, Christophe Renauld, son pro-recteur à la recherche. Il ne nie pas que des recherches ont bien été menées par ses chercheurs, sur des primates sauvages, à Nairobi, jusqu'en 2008: "C'était une époque, où l'utilisation d'animaux qui avaient été capturés dans la nature était encore autorisée. C'était même une pratique courante, à l'époque. Ces études ont été menées dans un centre de primatologie à Nairobi en 2007 et sont terminées. Il n'y a plus d'expérience de l'UCLouvain en cours là-bas. Mais les échantillons récoltés à l'époque font encore l'objet d'analyses et de  publication scientifiques comme celle incriminée par Animal Rights et qui date  du mois dernier. Toutes les conditions d'expérimentation animale, par rapport aux standards de l'époque, avaient été validées par un comité d'éthique en Belgique."

Il ajoute enfin que le singe avait l'avantage d'être un modèle animal proche de l'homme, mais que cela posait des problèmes éthiques. Ce qui a justifié la directive européenne interdisant l'expérimentation sur des animaux sauvages, en 2010. La directive a ensuite été traduite dans notre loi belge.

Nous ne pratiquons plus dans notre université d'expérimentation sur des singes.

Dont acte.

La pétition en faveur de l'abolition de l'expérimentation animale sur des singes lancée par "Animal Rights" a déjà récolté 20 000 signatures.

 

 

 

 

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