Des chaises roulantes sur-mesure pour des patients aux besoins spécifiques

Chaiseroulante.be adapte les chaises aux besoins des patients
3 images
Chaiseroulante.be adapte les chaises aux besoins des patients - © RTBF

Mains, bras, jambes, visage, Lionel a perdu la maîtrise de ces muscles. Ce Liégeois de 36 ans est atteint de sclérose latérale amyotrophique. Cette maladie est plus connue sous le nom de "Maladie de Charcot" et a été très médiatisée par le physicien anglais Stephen Hawking, lui-même victime de cette maladie dégénérative. Comme le scientifique britannique, Lionel est paralysé et ne sait plus parler, mais il a la pleine possession de ses capacités intellectuelles "je suis enfermé quelque part dans mon corps, c’est devenu ma prison à perpétuité. Pour utiliser un terme d’actualité, je suis confiné là-dedans jusqu’à ma mort".

Conserver une certaine indépendance

Malgré cela, Lionel reste actif. C'est grâce à sa chaise roulante. Il peut se déplacer, travailler, allumer la télévision, la radio ou encore ouvrir la barrière de sa maison. Sa chaise lui permet aussi de parler, ce qui est essentiel pour conserver un contact social avec ses proches. Un ordinateur placé sur sa chaise lit les messages qu’il écrit grâce à des détecteurs qui captent la position de ses yeux "je n’aurai jamais cru dire ça un jour, mais ma chaise roulante est le dernier équipement qui me donne un soupçon d’autonomie. Je peux aller partout où c’est possible et me mettre dans la position que je préfère sans que personne ne le fasse pour moi".

Ma chaise roulante est le dernier équipement qui me donne un soupçon d’autonomie

Sa chaise est unique et faite sur-mesure par la société liégeoise Chaiseroulante.be. L'un de ses employés se rend très fréquemment chez Lionel pour effectuer les adaptations nécessaires afin de répondre aux évolutions de sa maladie. "Au départ Lionel commandait la chaise avec un joystick" explique Arnaud Timmermann, ergothérapeute. "Ensuite, il avait pas mal de difficultés avec les mains, donc on est passé à une commande au menton. Maintenant, il dirige sa chaise avec des contacteurs". Des adaptations nombreuses, mais essentielles pour garantir à Lionel un maximum d’autonomie.

Des patients et des besoins diamétralement opposés

Cette société gère une centaine de patients par an. Roger Habsch est l’un d’eux. Cet athlète belge de handisport vient acheter une nouvelle chaise. Il veille à son confort et à sa capacité à absorber les chocs provoqués par les bosses et les trous. Pour une personne valide, c'est un achat particulier, mais pas pour Roger qui compare cela à l’achat de chaussures "je ne vois pas ma chaise comme un handicap" confie celui qui est 2e mondial dans sa discipline. "À partir de quel point parle-t-on de handicap ? Il y a des intellectuels qui ne savent pas mettre un clou dans un mur, c’est une forme de handicap. Moi, je ne sais pas écrire sans faire de fautes. J’ai besoin de quelqu’un pour écrire correctement. On a donc tous besoin de quelqu’un, il faut faire avec, vivre avec et s’adapter, tout simplement". Un mental d’acier qui l’a propulsé au sommet de sa discipline et qui ne l’empêche pas de vivre pleinement sa vie.

Nous avons le sourire et nous rendons le sourire

L’entreprise et ses 4 employés sont à l’écoute des demandes de Roger et des autres patients. Ils tentent de répondre au mieux à leurs demandes. Les défis sont nombreux et variés et cela n’est pas toujours évident comme le détaille Vincent London, bandagiste et fondateur de l’entreprise "ce n’est pas tous les jours facile. Mais régulièrement, tous les jours même, nous avons le sourire en sortant de chez nos patients, car nous avons apporté une solution à leurs problèmes de mobilité. On arrive toujours via le dialogue, via nos conseils à ramener le visage sur le sourire des patients". Des sourires que nous avons vus. Masqués, certes, mais qui transparaissent dans le regard de ces patients reconnaissants.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK