Des centaines de chercheurs néerlandais victimes de la "fausse science" et ses revues bidons

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Photo prétexte - © XAVIER LEOTY - AFP

Des centaines d'académiciens néerlandais ont publié ces dernières années des articles scientifiques dans des revues bidons notoires. Ces prétendus journaux scientifiques publient à peu près tout et n'importe quoi contre rémunération, sans que la qualité du contenu ne soit vérifiée. Ces auteurs ont dépensé des centaines de dollars pour être publiés, écrit mercredi De Volkskrant.

Le quotidien néerlandais a pu consulter les données du collectif international de journalisme d'investigation ICIJ, à l'origine notamment des Panama Papers. Les enquêteurs de l'ICIJ ont sélectionné un certain nombre d'éditeurs bidons et passé au crible les auteurs de 175.000 articles. De Volkskrant a obtenu un accès exclusif à la base de données du consortium de journalistes. On retrouve parmi les noms des académiques de renom tels que le pharmacien Jaap Goudsmit et le virologue Ab Osterhaus.

Un phénomène inquiétant

L'ICIJ a dénoncé ce phénomène des fausses sciences dans de nombreux pays à travers le monde. La course effrénée à la publication auxquels sont soumis les chercheurs les entraîne parfois à publier dans ces revues peu scrupuleuses, souvent à leur insu. Le Monde a même découvert l'existence de faux colloques, où les noms de scientifiques de renom étaient usurpés afin d'attirer de jeunes chercheurs, qui se retrouvent au final dans un simulacre de conférences scientifiques. Un phénomène qui prend une ampleur inquiétante, et appelle la communauté scientifique à une remise en question de la pression exercée pour avoir un maximum d'articles scientifiques à son compteur.

Vers une science ouverte?

En parallèle à ce constat, une partie de la communauté des chercheurs s'en prend aux (vraies) revues scientifiques, qui jouent sur leur prestige pour appliquer des prix d'abonnement exorbitants aux universités, afin qu'elles accèdent à des contenus qu'au final, elles créent elles-mêmes. La "science ouverte", c'est-à-dire accessible à tous (donc gratuite), se développe donc de plus en plus, particulièrement du côté du secteur des nouvelles technologies et de l'intelligence artificielle. En Belgique, l'Université de Liège est pionnière dans le pays, ayant créé depuis plusieurs années la plateforme Open Access, où les chercheurs liégeois publient leurs études en accès gratuit.

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