Des étudiants contraints de rembourser une allocation d'études: "Je ne sais pas trop comment on va faire"

Mauvaise nouvelle pour des centaines d’étudiants du supérieur, qui ont été invités à rembourser une allocation d’études perçue il y a deux ans, peut-on lire dans le journal Le Soir. Ils n’y avaient en fait pas droit car ils n’étaient plus finançables.

C’est le cas de Charlotte. Son parcours dans les études supérieures a commencé par la kinésithérapie, avant de prendre la direction de l’éducation physique… Elle a reçu des allocations qu'on lui demande aujourd’hui de rembourser. Le montant s'élève à 1527 euros. "Les secrétaires nous ont dit qu’on était finançables. Sur le papier, ils mettent que l’argent peut être réclamé dans les cinq années à venir. Mais, en recevant ma bourse, je ne pensais jamais que j’allais devoir la rembourser. Pour moi c''était donné, on n’allait pas me la reprendre", nous explique-t-elle.

Dans l’enseignement supérieur, lorsqu’un étudiant a échoué de trop nombreuses fois, il devient "non finançable", même s’il reporte des crédits. Il ne peut alors plus, en principe, poursuivre ses études. Un établissement peut lui accorder une dérogation sur la base de sa situation personnelle, mais il doit financer cette année d’études sur fonds propres. Dans ce cas, l’étudiant ne peut plus, en principe, recevoir de bourse.

Le problème, c’est que l’étudiant ne le sait pas toujours tout de suite et que la procédure de contrôle intervient a posteriori. Il y a un décalage entre l’administration des bourses et l’année académique. Ce n’est que maintenant que les remboursements sont réclamés.

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Un recours possible, mais…

Et Charlotte de déplorer : "Je vis seule avec ma maman. Tous les mois c’est un peu galère, c’est limite s’il nous reste 100 euros pour vivre. Je ne sais pas trop comment on va faire."

Une solution existe : introduire un recours. Mais, comme l’explique Catherine Deloo, juriste pour le réseau Infor Jeunes, cette procédure est longue et coûteuse. "C’est une procédure qui prend du temps, alors que le jeune doit rembourser incessamment. Alors soit il fait le choix de rembourser, soit il introduit un recours. Dans ce cas, le recours n’a pas un effet suspensif."

La FEF, la fédération des étudiants francophones demande de supprimer le critère de finançabilité comme critère d’octroi des bourses.

La ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Glatigny (MR), a promis, "compte tenu des difficultés rencontrées et surtout des conséquences dommageables pour les étudiants, d’examiner les dispositions actuellement en vigueur". Un groupe de travail va être créé pour réfléchir à une solution concertée.

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