Des bouteilles de gueuze aux enchères à des "prix fous": le brasseur Cantillon réagit

Des bouteilles de gueuze aux enchères à des "prix fous": le brasseur Cantillon réagit
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Des bouteilles de gueuze aux enchères à des "prix fous": le brasseur Cantillon réagit - © JF Herbecq

De 625 à 2200 euros : ce sont les sommes offertes sur le site 2èmemain.be pour une bouteille de gueuze... Bon, c'est du Cantillon, une référence absolue en matière de gueuze et de lambic traditionnel, et c'est une cuvée 2003, mais ces prix font bondir Jean Van Roy, maître-brasseur de Cantillon, qui n'apprécie pas le marché noir...

Voici ce qu'il écrit sur sa page Facebook : "Message aux gens généreux prêts à payer un prix fou pour cette bouteille. Des années 90 au début des années 2000, Cantillon a vendu des bouteilles classiques de gueuze sans étiquette à des associations ou des fraternités académiques. Cette bouteille a été étiquetée par les membres de l'association avec une étiquette pour célébrer un anniversaire, un événement etc. Donc, cette bouteille n'est PAS une gueuze SUPER RARE! C'est de la gueuze Cantillon 2003 normale étiquetée... avec une étiquette faite à la main. Si vous êtes toujours prêt à l'acheter, Santeï !!! Nous avons un millier de bouteilles de 2003 encore à la brasserie. Si vous êtes prêt à payer des milliers d'euros pour cela, je suis d'accord de vous les vendre et de faire une donation à une bonne œuvre, et même de faire l'étiquette à la main..."

Ce n'est pas la première fois que Jean Van Roy entreprend de contrer ainsi ceux qui tentent de faire de l'argent en revendant des bouteilles plus ou moins rares de vieille gueuze.

La gueuze se conserve bien, la production est limitée et la demande élevée : tout ceci en fait un produit prisé pour les collectionneurs, mais aussi pour les investisseurs, et les spéculateurs. Cet article du magazine Draft reprend quelques prix délirants demandés pour des bouteilles de gueuze vintage : on atteint les 10 000 dollars!

Lorsqu'il découvre ces transactions ou ces tentatives de vente, Jean Van Roy entreprend en général de casser ce commerce parallèle en proposant à prix normal l'une ou l'autre bouteille issue de ses caves.

Ces pratiques empêchent en effet souvent les vrais amateurs d'accéder à ses produits à un coût raisonnable et alimentent un marché noir qui n'a rien à voir avec les passionnés de bière. L'initiative du brasseur a été applaudie sur Facebook.

Il faut noter que les sommes proposées sur le site de vente en ligne ne sont que des offres, peut-être pas toutes véritables, vu qu'elles émanent de profils inconnus enregistrés sous des pseudonymes.

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