Quatorze jours de quarantaine pour 110 Belges à Tenerife: "Ce ne sont plus des vacances"

Environ 110 touristes belges sont confinés dans un hôtel sur l’île espagnole de Tenerife, le H10 Costa Adeje Palace à cause du coronavirus. Le gouvernement local des Canaries annonce que leur quarantaine va durer 14 jours à compter de mardi, pareil pour les autres résidents de l’établissement, à l’exception de 122 touristes, dont plusieurs Belges, arrivés après l’hospitalisation du premier patient le 24 février. Comment se déroule pareille quarantaine ?

Parmi ces touristes, Christophe Boite est arrivé vendredi après-midi. Mardi matin, il reçoit un papier sous la porte pour annoncer le confinement. Dans un premier temps, les vacanciers peuvent sortir de leur chambre et accéder aux installations intérieures et extérieures de l’hôtel dont les piscines, mais interdiction d’en sortir. Les accès à l’hôtel sont barrés à une centaine de mètres.


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Tension et manque d'info

Mais une visite médicale est annoncée pour mardi midi et il faut regagner sa chambre. Les vacanciers sont examinés tard mardi soir pour vérifier s’ils sont porteurs de symptômes. Le restaurant et le bar de l’hôtel étant provisoirement fermés, une collation, baguette, pâtes froides et fruits, leur est servie en chambre vers 21h30 : "La tension commençait à monter un peu, les gens avaient faim".

 

Un déjeuner buffet essentiellement froid a finalement été servi ce mercredi midi. "La nourriture stockée permettra-t-elle de tenir longtemps?" se demande ce vacancier. "On croise des gens sans masque ni gants, d’autres avec masque et gants", s'étonne encore Christophe. "L'hôtel n'impose pas le port du masque devant le buffet. Il n'y a pas de code de conduite".

"Pas de stress, note Christophe Boite qui se dit serein, mais les seules informations arrivent via la Belgique par les médias et la tension risque de monter", souligne Christophe Boite en déplorant le manque d'infos données par l'hôtel.

Cette après-midi, les vacanciers apprennent petit à petit que leur séjour va encore durer deux semaines. "Un jour ou deux de plus, c'est le côté fun, au soleil, on n'est pas confiné en chambre. Mais je suis chef d'entreprise, c'est un peu compliqué, il va falloir trouver une solution à distance... J'avais anticipé, sans savoir que cela durerait deux semaines en plus. Ma société peut tourner mais ce sera compliqué. Je vais devoir négocier avec mes fournisseurs. Heureusement que je peux faire confiance à mon équipe."

Contactée en Belgique, TUI souligne que ce sont les autorités locales qui sont en charge des opérations sur place et que les vacanciers seront encore contactés personnellement aujourd’hui par téléphone par son service clientèle pour les informer au mieux et répondre à leurs questions. Une psychologue dépêchée par TUI a déjà pris contact avec les Belges coincés dans l'hôtel. Mais pour Christophe Boite, un seul souhait : "Rentrer le plus vite possible ! C’est sympa, on a le soleil, cool, mais on est inquiet".

Une autre Belge témoigne : "On nous a autorisés à sortir pour aller chercher du café. Dans la salle de restaurant, il y a deux pauvres machines à café et donc la file est interminable. Mais tout le monde reste calme pour l’instant, explique Laurence Smets qui montre le masque chirurgical que les pensionnaires de l’hôtel ont reçu.

"Mais on n’a pas reçu de nouvelles de l’agence, du tour-opérateur ou de l’hôtel, uniquement via les médias. On attend des réponses. On ne sait pas si on va devoir rester ici en quarantaine ou rentrer en Belgique. C’est un petit peu stressant tout de même. Pas par rapport à la maladie, mais plus pour le boulot et la famille qui est à la maison".

"Ce ne sont plus des vacances", conclut Laurence.

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