Des belges manifestent en Allemagne contre une mine de charbon

Une délégation belge composée d’environ 150 personnes s’est rendue en Allemagne ce samedi pour protester aux côtés des activistes du mouvement anti-charbon allemand "Ende Gelände" (Pas plus loin).

Ces concitoyens veulent participer à l'action de blocage de la mine de Hambach située en Rhénanie, dans l'ouest du pays. "Le réchauffement climatique n'a pas de frontière et cette mine de lignite est l'un des plus gros émetteurs de dioxyde de carbone en Europe", affirme le groupement.

Au total, près de 5000 activistes venus de toute l'Europe, veulent bloquer les infrastructures appartenant au groupe de production d’électricité RWE (Reinisch-Westfälisches Elektrizitätswerk) qui extrait du charbon dans la mine de Hambach. Une action de désobéissance civile de masse. Tous appellent à la sortie immédiate du charbon et à la justice climatique.

"Les ambitions politiques ne sont clairement pas à la hauteur de ce qu'il faut faire d'un point de vue environnemental, que ce soit en Belgique ou en Allemagne. C'est pourquoi il est important que des Belges participent à l'action car ça nous concerne tous", souligne Laure Kervy, contact presse francophone de l'opération.

La police a déployé sur place un important dispositif sécuritaire. La tension est palpable.

L’Allemagne devenu mauvais élève écolo

La mine exploitée par le groupe de production d'électricité RWE se situe dans la forêt d’Hambach. Vieille de 12 000 ans, c'est la dernière forêt primaire d’Europe centrale. En quelques années, sa surface est passée de 5 500 ha à 1 100 ha, à cause de l’exploitation de la mine de lignite, un charbon très polluant.

Selon le mouvement pour le climat, les trois mines à ciel ouvert et les trois centrales adjacentes font de la région rhénane, l'une des plus grandes sources d'émission de CO2 en Europe.

L’Allemagne a défait son image internationale, promouvant des règles strictes pour réduire les émissions de CO2. Mais la réalité est différente : le pays ne pourra pas atteindre ses propres objectifs nationaux de réduction des émissions de CO2.

Aujourd'hui, près de 37% de l'électricité allemande est produite par la combustion du charbon. Sur ce chiffre, 23% de l'électricité provient du lignite, un charbon très polluant. Une source importante en Allemagne, du fait de la sortie du nucléaire décidée en 2011 pour 2022.

Une bataille judiciaire

Récemment, le groupe de production d’électricité RWE avait obtenu l’autorisation de procéder à des coupes, afin d’étendre l’exploitation de sa mine de lignite.

Mais en octobre dernier, un procès a été temporairement gagné par les militants écologistes. La justice allemande a estimé que la compagnie RWE devait suspendre le déboisement de la forêt de Hambach.

"C'est un succès énorme pour le mouvement que l'abattage de la forêt soit suspendu", avait commenté la porte-parole de Ende Gelände, Karolina Drzewo, "mais les excavatrices continuent de menacer des villages, les écosystèmes locaux et le climat en général. La science appelle à une sortie urgente des énergies fossiles. Pourtant le gouvernement allemand reporte toujours une action déterminée pour limiter le réchauffement climatique. C'est pour cette raison que nous prenons nous-mêmes les choses en main et commençons cette sortie du charbon avec nos propres corps", a-t-elle conclu.

Le gouvernement allemand a créé une commission chargée de l’élimination du charbon. Selon des informations non confirmées, la commission pourrait recommander la fermeture de toutes les centrales au charbon jusqu'en 2035 ou 2038.

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