Arabie Saoudite: des Belges fouillent le désert

Des belges fouillent le désert arabe
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Des belges fouillent le désert arabe - © Tous droits réservés

L’Arabie saoudite n’a pas toujours été désertique. Du temps de la préhistoire, c’était une région très verte et humide. Le centre de la péninsule a été rarement exploré, mais depuis deux ans une équipe de la KUL s’y emploie. Leurs premières découvertes sont exposées au musée national de Riyad.

Les professeurs Joachim Bretschneider (KUL), Philip Van Peer(KUL) et leur équipe ne peuvent cacher leur fierté. Ce sont les résultats de deux ans de fouilles qu’ils montrent à la princesse Astrid et au prince Sultan bin Salman bin Abdulaziz Al-Saud. Les pierres et outils découverts sont exposés au musée national de Riyad.

"Tout a commencé en 2012, explique Anne-Sophie Van Vyve, archéologue participante à la mission belgo-asaoudienne. Puis il y a eu deux ans de fouilles, et ceci est la fin de la seconde mission." Cette seconde mission s’est particulièrement concentrée sur l’occupation préhistorique de la région désertique d’Al-Ghat, à 250 kilomètres au Nord de Riyad.

Identifier les traces des premiers hommes modernes dans la région

La préhistoire du centre de l’Arabie saoudite est largement méconnue. Cette région était très peu explorée jusqu’en 2012. "C’est à cause du climat désertique qu’on a pendant longtemps omis de fouiller la région, parce qu’on pensait que l’homme n’avait pas vécu dans ces régions arides."

Pourtant, des objets datant de plus de 100 000 ans étaient à portée de main… "Ce qu’on a voulu faire cette année, c’est comprendre tout ce qu’il y a en surface. Car sur deux sites différents qu’on a fouillés, le sol est jonché d’artefacts humains, créés par l’homo sapiens. On dirait des pierres, mais à bien y regarder, on observe qu’il y a eu des manipulations humaines."

Pour trouver ces outils, les archéologues n’ont donc pas dû creuser. Par contre, pour comprendre le contexte dans lequel ils ont été réalisés, il a fallu sonder le sous-sol. "On a besoin des stratigraphies pour comprendre le contexte."

Dans un site qui porte le nom de Jebel Samar, les outils ou déchets d’outils qui ont été découverts présentent des parallèles évidents avec des outils africains, datés d’il y a 130 000 ans, l’époque où l’Arabie saoudite n’était pas un désert, mais était couverte de savanes bien irriguées pendant des périodes de l’histoire, humides, qui ont en effet favorisé l’expansion humaine.

L’environnement et le paysage différaient alors fortement de ce qu’ils sont aujourd’hui. Et si jusque très récemment, il était acquis que l’homme moderne avait longé les côtes de la péninsule arabique pour gagner l’Eurasie, des études suggèrent maintenant qu’il aurait également traversé, pendant les périodes humides, le centre de l’Arabie pour se disperser depuis l’Afrique vers l’Eurasie.

Les découvertes des archéologues de la KUL sont un premier pas vers une confirmation de cette thèse.

O. Leherte

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