Des Belges au Canada pour sensibiliser les victimes de l'amiante

Eric Jonckheere, président de l'Association belge des victimes de l'amiante
Eric Jonckheere, président de l'Association belge des victimes de l'amiante - © Belga

Eric Jonckheere, le président de l'Association belge des victimes de l'amiante qui a gagné le procès belge de l'amiante il y a quelques mois, est cette semaine au Québec, et en Ontario avec ses homologues français.

Au Québec il y a à peine deux mois, le gouvernement sortant promettait 58 millions de dollars pour rouvrir une mine d'amiante. Avec le nouveau parti au pouvoir, cela pourrait changer. Il n'empêche, le Canada reste aujourd'hui le seul pays occidental qui n'interdit pas l'exploitation et l'usage de l'amiante.

C'est avec plusieurs casquettes qu'Eric Jonckheere est au Canada cette semaine. En tant que victime, d'abord: "Mes poumons sont bourrés d'amiante venant des mines québecoises", dit-il.

Il y est aussi en tant que citoyen du monde, "pour dénoncer tout le mal que l'amiante fait dans les pays en voie de développement", ajoute-t-il. Car c'est en Thaïlande et en Inde que la mine québecoise de Jeffrey était sensée exporter son amiante. Mais la réouverture de la mine est sérieusement remise en question depuis que la nouvelle première ministre Pauline Marois a décidé de retirer les 58 millions d'euros promis par son prédécesseur au mois de juillet.

Et puis, Eric Jonckeere est aussi au Canada pour pousser des familles de victimes de l'amiante, comme la sienne, à demander réparation. Parce qu'il l'explique, aucune association de victimes de l'amiante n'a vu le jour au Canada. Pourtant, il y a des victimes. Eric Jonckheere participera d'ailleurs à une marche samedi, près de Toronto, en mémoire de deux victimes de l'amiante. Des victimes qui actuellement, au Québec, n'ont pas le droit d'aller en justice.

Denis Mailloux, avocat, défend les travailleurs victimes de l'amiante devant la commission de la santé et de la sécurité au travail. 300 travailleurs demandent chaque année des indemnités pour une maladie liée à l'amiante. Des indemnités plafonnées dans ce type de procédure contrairement à ce qu'il serait possible d'obtenir si les travailleurs pouvaient aller en justice. Parce que cette commission semble plutôt protéger les employeurs. Pourquoi n'y a-t-il pas de poursuites judiciaires ? Denis Mailloux assure qu'au Canada, il n'y a encore jamais eu de "condamnation ferme de l'amiante, probablement pour des raisons liées à l'aspect économique", avance-t-il.

Même du côté syndical il a fallu attendre l'année passée pour entendre une condamnation de l'amiante. Quant au collège des médecins du Québec, il a pris position en janvier de l'an dernier soit 13 ans après l'interdiction complète de l'amiante en Belgique.

Avec Odile Leherte

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