Des avocats belges entament une grève de la faim en soutien à leurs confrères turcs poursuivis

L'action des avocats belges devant le consulat de Turquie à Bruxelles
2 images
L'action des avocats belges devant le consulat de Turquie à Bruxelles - © Jean-François Herbecq - RTBF

Une dizaine d’avocates belges ont entamé, lundi en début d’après-midi, une grève de la faim de 24 heures en soutien à leurs confrères turcs qui font l’objet de poursuites judiciaires dans leur pays. Une action a eu lieu ce lundi à la mi-journée devant le consulat général de Turquie à Bruxelles, rue Montoyer, pour mettre en lumière cette action soutenue par Avocats.be, la Fédération internationale des droits humains, le Syndicat des avocats pour la démocratie et l'Alliance internationale pour la défense des droits et des libertés.

Soutien à deux avocats "ciblés car ils défendent les droits humains"

"Nous réalisons cette grève de la faim pour soutenir deux avocats en particulier : Ebru Timtik et Aytac Ünsal explique à notre micro Me Sybille Gioe, une avocate liégeoise qui participe à l’action. Ils sont emprisonnés en Turquie (ndlr : condamnés à 13 et 10 ans de prison) et eux-mêmes sont en grève de la faim depuis plus de 200 jours. En réalité, ils militent parce qu’ils ont fait l’objet d’un procès totalement inéquitable. En Turquie, la justice est à la botte du gouvernement. Depuis une tentative de coup d’Etat, 5000 juges ont été démis et des centaines d’avocats sont emprisonnés. Ces avocats-là sont particulièrement ciblés car ils défendent les droits humains […] Il y a une seule solution pour dégeler la situation, c’est leur libération immédiate. C’est ce que nous demandons".

Elle ajoute : "Nous sommes particulièrement touchés par cette action car nous défendons nous-mêmes les droits humains et nous nous rendons compte que si nous étions nous-mêmes en Turquie, nous ferions aussi l’objet d’une répression".

 

"Exercer son métier d’avocat est devenu dangereux"

"A partir du moment où dans un pays, qui plus est un pays voisin de l’Europe, un pays avec lequel l’Europe a énormément de relations, on a une dérive totalitariste à un point tel qu’aujourd’hui exercer son métier d’avocat, c’est-à-dire défendre des gens devant les tribunaux, est devenu un métier dangereux pour lequel on peut être poursuivi et condamné, je crois que par solidarité avec ces avocats qui font un travail remarquable en Turquie, il faut que nous soyons présents" a déclaré Xavier Van Gils, président d’Avocats.be, à notre micro.


►►► À lire aussi : UE-Turquie : vives tensions, l’UE cherche un moyen de sanctions mais marche sur des œufs


"Ces avocats sont connus pour avoir défendu des personnes considérées comme des opposants au gouvernement turc et ils font l’objet de procès politiques. Cela est inadmissible et nous devons dénoncer cette situation" poursuit Xavier Van Gils.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK