Des associations féministes issues de 8 pays européens s'engagent contre la GPA

En Europe, la GPA est autorisée en Belgique, au Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Grèce
En Europe, la GPA est autorisée en Belgique, au Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Grèce - © Tous droits réservés

Des associations féministes ont lancé samedi à Paris une coalition internationale pour sensibiliser les autorités sur les "dangers" de la gestation pour autrui (GPA), une "marchandisation" et une "exploitation du corps de la femme".

"Nous observons depuis 2010 la montée d'un mouvement en faveur de la GPA, qui est pour nous intolérable", a expliqué à l'AFP Marie-Josèphe Devillers, de l'association CQFD Lesbiennes féministes, à l'origine de la Coalition internationale pour l'abolition de la maternité de substitution" (CIAMS). 

Autorisée dans quatre pays européens dont la Belgique

Ce groupement, qui devait être officiellement lancé dans l'après-midi lors d'un colloque au Sénat, dit déjà compter 21 organisations. Elles proviennent de huit pays : la France, l'Espagne, le Canada, l'Italie, l'Autriche, la Roumanie, la Suède, ou encore Australie.

La GPA est actuellement interdite dans la majorité des pays européens. Elle est autorisée notamment en Belgique, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Grèce. Hors d'Europe, elle est légale au Canada par exemple.

"La gestation pour autrui est une exploitation marchande du corps de la femme, comme la prostitution ou la domesticité. On nous dit que les femmes sont consentantes, or toutes les études sur le sujet montrent que leurs motivations pour +prêter+ leur corps sont liées à des pressions familiales, pour l'argent notamment", s'indigne Mme Devillers

Interdite en France

En France, la GPA est interdite et le gouvernement a récemment réaffirmé son opposition à sa légalisation. Le fait d'utiliser "le corps d'une femme pour lui faire porter un enfant qu'elle ne gardera pas", "rentre dans la marchandisation du corps humain", a souligné vendredi la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. 

Les partisans de la GPA souhaitent la voir autorisée dans le cadre de la prochaine loi bioéthique, attendue au Parlement à l'automne, ce que le gouvernement exclut. Mais les membres de la nouvelle coalition ne s'inquiètent pas moins de la montée des discours pro GPA dans le cadre de ces discussions.

"Depuis le début de l'année, nos voix se font de moins en moins entendre", regrette Ana-Luana Stoicea-Deram, présidente du Collectif pour le respect de la personne (CoRP). "Or la GPA est contraire à la dignité et l'intégrité de la personne, et aux droits de l'enfant. Avec cette coalition, nous souhaitons expliquer ces arguments critiques et les faire entendre par les instances nationales et internationales", a-t-elle ajouté.
 

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