Des algues pour éviter de développer la malade d'Alzheimer

Des algues pour éviter de développer la malade d'Alzheimer
Des algues pour éviter de développer la malade d'Alzheimer - © Tous droits réservés

Manger des algues empêcherait-il de développer l'Alzheimer? C'est une piste, selon une équipe de scientifiques chinois. Les résultats de leurs recherches, parus dans la revue scientifique Cell research, démontrent, après des essais cliniques menés sur plus de 800 patients chinois, qu'un médicament à base d'algues diminue les symptômes d'Alzheimer naissants. Pas de triomphalisme donc: le médicament ne guérit pas mais il soigne les symptômes. Une bonne nouvelle pour les 35 millions de personnes atteintes de cette maladie neurodégénérative dans un contexte plutôt morose, puisque la plupart des firmes pharmaceutiques mondiales ont arrêté de financer la recherche d'un remède contre l'Alzheimer.  

Or, 300.000 Chinois sont diagnostiqués chaque année Alzheimer. La maladie touche de plus en plus de familles et interpelle ce pays depuis quelques années. Une équipe de chercheurs de Shanghai dirigée par Geng Meiyu à l’Institut des matériaux médicaux s'est penchée sur les algues marines. Ils ont constaté que les consommateurs réguliers d'algues déclaraient moins souvent la maladie d'Alzheimer. 

Ils ont alors orienté leur recherche sur la chimie de ces algues et y ont détecté un sucre qui supprime certaines bactéries présentes dans l’intestin. Celles-ci seraient une des causes de la maladie d'Alzheimer. "L'étude révèle qu'en fonction de la flore bactérienne que l'on a dans l’intestin, on va avoir le risque de développer ou pas la maladie d'Alzheimer. L'ingestion des algues prévient l'apparition de ces bactéries et l'accumulation de toxiques  dans le cerveau impliqués dans la maladie d'Alzheimer.", explique Mélanie Strauss, neurologue et chercheuse à l'hôpital Erasme.  

Cela ne signifie pas que ces algues peuvent soigner la maladie, elles auraient plutôt des facultés antibiotiques et pourraient aider ceux qui sont, peu ou modérément, atteints par la maladie. Autre point positif, ces molécules d'algues sont très bien tolérées par les patients et ne présentent pas, pour l'instant, d'effets secondaires. Un atout indéniable dans un secteur où la plupart des médicaments actuels ont pas mal d'effets secondaires au point qu'ils ne sont plus prescrits à un certain stade de la maladie au vu de la balance bénéfice/risque.

 

Le microbiote pour soigner notre cerveau

 

Il est encore un peu tôt pour dire s'il faudra bientôt manger des algues pour éviter la maladie, selon la neurologue mais elle se réjouit de cette approche holistique de la maladie d'Alzheimer "On sait que le mode d'alimentation et l'activité physique sont extrêmement importants pour la protection du cerveau. le cerveau n'est pas isolé du corps c'est un tout. Faire le lien entre les différents organes, particulièrement le microbiote de nos intestins et le cerveau, est tout-à-fait intéressant."

Des essais cliniques prometteurs sont en cours. Ils sont dans leur dernière phase avant une éventuelle commercialisation. L'agence chinoise de sécurité des médicaments prévient, cependant : avant une mise sur le marché de ce médicament à base d'algues, des essais cliniques supplémentaires feront l’objet d’une surveillance stricte et le médicament pourrait encore être retiré, en cas de problème de sécurité.

La maladie d'Alzheimer peut se soigner à défaut, pour l'instant, de se guérir. Trouver de nouvelles approches thérapeutiques apporte donc un nouvel espoir pour les patients atteints d'Alzheimer et leur entourage.

 

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