Dernier jour du procès du Carlton, DSK ne craint plus grand chose

Dernier jour du procès du Carlton, DSK ne craint plus grand chose
Dernier jour du procès du Carlton, DSK ne craint plus grand chose - © FRANCOIS LO PRESTI - BELGAIMAGE

C'est le dernier jour du procès dans l'affaire du Carlton de Lille ce vendredi, et les dernières plaidoiries. 13 prévenus sont poursuivis pour proxénétisme aggravé. Le procureur de la République a réclamé des peines, souvent légères, pour tout le monde sauf pour Dominique Strauss-Khan. L’acquittement pur et simple a été requis pour l'ancien patron du FMI. Le jugement ne sera pas rendu ce vendredi. Il sera prononcé dans plusieurs semaines. Que peut-on déjà retenir de ce procès très médiatisé ?

Théoriquement, Dominique Strauss-Kahn risque 10 ans de prison. C'est la peine maximum pour proxénétisme aggravé. Mais en pratique ? En pratique, ni l'enquête, ni l'audience n'ont fait apparaître de preuve. Si on reprend le point du vue du procureur notamment, on peut résumer les choses en une phrase : "DSK n'était pas l'organisateur des parties fines... pendant desquels il a eu, c'est vrai, des relations avec des prostituées... mais dont il ne connaissait pas le statut de femme rémunérée".

Conclusion, sur le plan pénal, le dossier concernant DSK est très léger, voir complètement vide. Un paradoxe puisque c'est bien Dominique Strauss-Khan qui a donné au dossier tout son retentissement. Sa présence a justifié l'utilisation de moyens importants, que ce soit pour l'enquête ou pour la tenue du procès.

Tout ça pour rien ?

Pas tout à fait. Puisque d'abord, un acquittement, c'est significatif et ça fait partie des possibilités essentielles d'un tribunal. Ensuite, si jamais DSK est en effet relaxé, ce ne sera sans doute pas le cas de tous les prévenus.

Celui qui risque le plus gros, c'est Dominique Alderweireld, Dodo La Saumure comme on l’appelle. La justice française pourrait considérer qu'il a exercé des activités de proxénète au-delà de ses bars à hôtesses tolérés en Belgique.

Enfin, quelque soit l'issue du procès, et même si ce n'est pas sa vocation, il aura fait office de caisse de résonance pour véritable débat de société, celui sur la prostitution.

On a d'ailleurs compris au fil des audiences que c'était là l'objectif des associations parties civiles au procès. Relancer le débat. Seuls les proxénètes peuvent actuellement être poursuivis, pas les clients des prostituées. Le Sénat français doit réexaminer bientôt un texte pénalisant les clients.

Sébastien Georis

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