Dernier changement d’heure ? Certains préfèrent l’heure d’hiver mais rien n’est encore décidé

Le changement d’heure de ce dernier week-end d’octobre sera peut-être le dernier passage à l’heure d’hiver. Les pays européens se sont accordés pour abandonner ces changements, mais ils doivent encore choisir entre l’heure d’été et l’heure d’hiver. Certains secteurs préfèrent opter pour l’heure d’hiver. La clarté du matin est notamment un avantage économique et écologique.

La sécurité en cause

Nous nous sommes rendus dès 7 heures du matin, sur un chantier où les ouvriers étaient déjà au travail alors qu’il faisait encore nuit. Dans ces conditions, mieux vaut redoubler de prudence car un accident est vite arrivé : "Il peut y avoir de petits accidents : quelqu’un peut trébucher plus facilement, s’accrocher à un clou qui dépasse, s’écorcher la main, par exemple", explique le chef de chantier, Pietro Sciabica.

Pour assurer la sécurité et pouvoir travailler dans l’obscurité, les entreprises de construction doivent déployer d’importants moyens qui ont un coût économique et énergétique.

Les contraintes du travail dans le noir pour la construction

Si l’on devait maintenir l’heure d’été tout au long de l’année, il ferait noir jusqu’à 10 heures certains matins d’hiver. Il faudrait donc éclairer une heure de plus, avec les inconvénients que cela comporte comme la consommation d’énergie et la pollution engendrée notamment par les groupes électrogènes.

Xavier Radelet, directeur général de Gillion Construct, explique ce qu’il faut mettre en œuvre pour pouvoir travailler dans le noir : "Nous devons équiper les grues-tours de spots très puissants. Il faut que les obstacles puissent être identifiés. Nous devons assurer la circulation et nous devons éclairer nos stocks et les zones de déchargement. C’est une contrainte importante dans l’organisation de notre travail".

Travailler dans l’obscurité est parfois carrément impraticable

2 images
Le travail d’élagueur-abatteur particulièrement dangereux dans l’obscurité © RTBF

Certains métiers sont tout simplement irréalisables dans l’obscurité. Laurent Debecker, élagueur et abatteur, s’explique : "On travaille avec des outils trop dangereux comme des broyeurs ou des tronçonneuses. Quand on est dans un arbre, on ne voit pas les collègues qui sont en bas. On peut difficilement mettre de la lumière comme sur les chantiers. Le milieu naturel rend la chose encore plus compliquée". Par ailleurs, ce type de chantiers ne dure pas plus d’un ou deux jours. Ils ne permettent donc pas de travailler avec les mêmes infrastructures que dans la construction.

D’autres raisons au choix du maintien de l’heure d’hiver

Avec l’heure d’été, il ferait clair une heure de plus le soir. La journée de travail pourrait alors être décalée mais ces travailleurs préfèrent commencer de bon matin pour plusieurs raisons. "C’est important de commencer tôt. C’est un métier très physique et on est plus frais durant la matinée. Au repas de midi on est à deux tiers de notre journée. C’est l’idéal car après, il ne reste plus que le nettoyage du chantier", explique Laurent Debecker.

Dans le secteur de la construction, 60% des travailleurs sont en faveur de l’heure d’hiver ; les autres 40%, préférant l’heure d’été pour pouvoir maintenir une vie sociale et familiale après leur journée de travail.

Les spécialistes du sommeil optent eux aussi pour l’heure d’hiver, plus adaptée à notre rythme biologique car elle est plus proche de l’heure solaire, sachant que notre énergie est directement liée à la lumière.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK