Dérive de "l'arrêté burkini": des femmes verbalisées car voilées sur la plage

La dame qui prenait un bain de soleil en portant le hijab a été obligée de se dévêtir et a été verbalisée pour tenue 'non respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité"
La dame qui prenait un bain de soleil en portant le hijab a été obligée de se dévêtir et a été verbalisée pour tenue 'non respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité" - © Capture d'écran -Twitter

Une mère de famille de 34 ans, prénommée Siam, a annoncé mardi vouloir contester un PV qui lui a été dressé à Cannes (sud de la France) en vertu du très controversé arrêté "anti-burkini" du maire David Lisnard.

La dame concernée était sur la plage, en legging et tunique, coiffée d'un voile à motifs.

Pas une tenue correcte respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité

La femme a été verbalisée car elle ne portait pas "une tenue correcte respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité", selon un extrait du PV qui lui a été dressé, et qu'elle a diffusé à la presse.

Une histoire qui a fait se dresser de nombreux internautes qui dénoncent cette verbalisation, jugée "honteuse" et aux forts relents islamophobes. Les opposants à l'arrêté dénonce une dérive prévisible de cette mesure.

Les faits se sont produits le 16 août, a expliqué la mère de famille à l'AFP. "J'étais assise sur la plage avec ma famille. Je portais un foulard classique, un hijab fleuri. Trois policiers sont venus vers moi car je portais une tenue 'pas correcte'", a-t-elle relaté.

"Je n'étais pas là pour faire de la provocation, je n'avais pas l'intention de me baigner", ajoute la jeune femme, qui dit avoir refusé de payer l'amende de 11 euros.

Interrogé par l'AFP, le maire de Cannes David Lisnard a estimé que "si cette femme estime qu'elle a été injustement verbalisée, ce qui peut hélas toujours arriver dans beaucoup de domaines, il faut qu'elle conteste."

Pendant ce temps-là, sa fille pleurait

Le maire a dénoncé, autour de cette affaire, "un buzz voulu, orienté et dangereux. Certains veulent alimenter l'idée d'une forme de ségrégation, c'est abject".

Contactée par l'AFP, un témoin de la scène, en a confirmé le déroulé : "Les policiers disaient 'on ne fait qu'appliquer la loi'. Le plus triste, c'est que des gens criaient (à la mère) 'rentre chez toi !', certains applaudissaient la police. Pendant ce temps-là, sa fille pleurait", a-t-elle décrit.

Les photos d'une intervention policière sur une plage de Nice créent l'indignation   

L'indignation quant aux possibles dérives de l'arrêté a été renforcée sur les réseaux sociaux suite à la publication par un tabloïd britannique de photos d'une dame voilée visiblement contrainte par la police d'enlever sa tunique alors qu'elle prenait un bain de soleil sur une plage de Nice.

Le hashtag #WTFFrance (à traduire par "que se passe-t-il en France, bordel?") est souvent ajouté aux tweets concernant ce sujet. Ce mot-clef est devenu le deuxième le plus utilisé en France sur Twitter ce mercredi.

Les burkinis étaient extrêmement rares sur les plages françaises et pratiquement inexistants en Belgique, cependant la question a été érigée en priorité par certains maires français qui l'ont fait interdire au nom de la laïcité (pourtant l'arrêté ne concerne que le burkini et pas d'autres tenues comparables à connotation religieuse). Depuis lors, le débat sur la question a beaucoup occupé les médias et fait l'objet de sorties politiques très commentées.

La créatrice qui a créé ce type de maillots a annoncé que ses commandes s'étaient envolées depuis que la polémique a éclaté

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