Depuis le 8 mai, les Belges respectent moins la distanciation sociale et la limitation des contacts sociaux, selon une étude de l’UCLouvain

Depuis le début de la crise du Covid-19, on nous l’a répété jusqu’à l’exaspération : garder ses distances, porter le masque, laver et désinfecter fréquemment les mains. On a alors appris ce que c'étaient les gestes barrière visant à diminuer la propagation du coronavirus. Après plus d’un an de crise sanitaire et à l’heure où la vaccination avance à grands pas, les Belges respectent moins qu’avant la distanciation sociale et la limitation des contacts sociaux. C’est ce qu’il ressort d’une étude menée par l’UCLouvain.

Menée sur une longue période, l’étude montre que depuis début mai, le Belge est moins rigoureux qu’avant, du moins dans certaines circonstances : "La diminution dans le respect des gestes barrière s’observe surtout dans les aspects sociaux liés à la distance interpersonnelle et aux contacts. En revanche, on constate qu’il n'y a pas eu de changement au niveau du lavage des mains et du port du masque", affirme Olivier Luminet, psychologue de la santé et professeur à l’UCLouvain.


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Par rapport au port du masque, malgré des débuts difficiles pour la population, l'habitude est bel et bien restée, note le spécialiste: "L'habitude s'est créée et semble se maintenir assez fortement".

Les empathiques respectent moins les règles aujourd’hui

Pendant plusieurs mois, l'attitude des Belges à l'égard des gestes barrière à été analysée. Les comportements de 884 personnes -toujours les mêmes- ont été sondés lors de trois vagues distinctes, prenant en compte les étapes du déconfinement. La première récolte des données s’est déroulée du 1er au 11 avril et a été suivie de deux phases, l’une entre le 22 et le 30 avril, l’autre du 13 au 18 mai. Une quatrième phase suivra en juin.

Grâce à ces données, on constate que les comportements de la population ont changé au fil de l'épidémie. Au début de l’étude, les contaminations moyennes par jour frôlaient les 3500, contre 2500 environ à la mi-mai. Entre-temps, le nombre de Belges vaccinés a augmenté sans cesse et, à partir du 8 mai, on a assisté à quelques assouplissements importants, comme la réouverture des terrasses.


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Il en ressort que le respect des règles a diminué au fil du temps, notamment en ce qui concerne la limitation des contacts et la distanciation physique.

Cela s’explique sans doute par le besoin de contacts sociaux, analyse le professeur Olivier Luminet : "De l’étude ressort également un élément intéressant : les personnes empathiques qui au mois d’avril avaient tendance à respecter fortement les règles parce que préoccupées par la santé des autres, sont celles qui ont 'chuté' le plus. Ils n’en pouvaient sans doute plus de ce manque de contacts et ont alors préféré prendre quelques risques pour aider des proches en détresse ou qui seraient isolés".

Une diminution progressive, mais pas de véritable chute

Pourtant, tous les Belges ne se comportent pas de la même manière ; sur les 884 sondés, l'étude montre que les femmes sont plus rigoureuses dans l’application des règles. Les jeunes âgés de 18 à 35 ans et les individus disposant d’un niveau d’éducation plus élevé ont, au contraire, davantage négligé le suivi des règles par rapport aux autres.

Pour finir, observe-t-on, plus les gens ont conscience des risques de la maladie ou plus ils sont inquiets de tomber malade, plus ils appliquent les règles. "En termes d’âge ce sont les personnes au-delà des 55 ans qui suivent le plus ces règles, parce qu’ils sont plus à risque de complications liées au covid-19", ajoute Olivier Luminet.


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Bien qu’il y ait eu une diminution dans le respect des normes sanitaires liées à la sphère sociale, le spécialiste tient à préciser qu’on ne peut pas parler de chute. Par ailleurs, note-t-il, cette diminution a été progressive et concerne notamment la dernière vague de l’étude, qui a eu lieu après le 8 mai.

Parmi les facteurs qui influencent le respect des règles se trouvent aussi l'entourage et les médias. En effet, moins l'influence de l'entourage est forte, moins les règles sont respectées.

Quant aux médias, "une confiance très faible dans les expert·es et les médias est liée à un suivi nettement plus faible des comportements sanitaires", détaille l’UCLouvain.

Est-ce grave, docteur ?

Alors que la campagne vaccinale avance et qu’un comité de concertation devrait ouvrir la voie à plus d’assouplissements pour l’été, il reste tout de même important de garder une certaine prudence. "C’est sans doute le moment de réfléchir à comment adapter nos comportements pour l’été", affirme Olivier Luminet.

Par ailleurs, il convient de rappeler que bien que la situation dans les hôpitaux se soit améliorée, le virus et ses variants sont toujours là.

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