Dépendance: Sarkozy veut une 5e branche de la Sécu "cet été"

Une employée de maison de retraite médicalisée avec un pensionnaire
Une employée de maison de retraite médicalisée avec un pensionnaire - © Bruno Ferrandez

Nicolas Sarkozy a donné un coup d'accélérateur sur le calendrier d'un des derniers grands chantiers de son quinquennat en annonçant jeudi sur TF1 la création "cet été" d'une cinquième branche de la Sécurité sociale, sans toutefois préciser les moyens du financement.

C'est la deuxième fois cette semaine que le chef de l'Etat évoque le dossier de la dépendance.

"Nous déciderons cet été de la création d'une cinquième protection aux côtés de la maladie, de la retraite, de la famille, des accidents du travail qui sont les branches traditionnelles de la Sécurité sociale", a-t-il expliqué.

Mardi, lors d'un colloque au Conseil économique, social et environnemental, M. Sarkozy avait estimé qu'il ne fallait pas, pour des raisons idéologiques, écarter le recours à des assurances privées pour couvrir le risque dépendance.

"Quand nos finances publiques sont dans la situation où elles sont, quand le travail est à ce point taxé, quand cinq millions de Français ont déjà souscrit une assurance dépendance, est-il raisonnable de ne pas s'interroger sur le rôle que peuvent jouer les mutuelles, les compagnies d'assurances et les organismes de prévoyance", s'était-il interrogé.

"Il nous faut sans doute inventer autre chose que le modèle traditionnel de couverture des risques par la sécurité sociale", avait-t-il estimé, tout en se défendant d'avoir "l'intention d'utiliser la dépendance pour privatiser insidieusement l'assurance-maladie".

Jeudi soir, le chef de l'Etat n'a pas été plus explicite sur la question du financement qui fait polémique, la gauche et de nombreuses associations souhaitant que la dépendance soit avant tout prise en charge par la solidarité nationale, comme les autres branches de la Sécu.

Alors que le gouvernement a souhaité un grand débat sur la dépendance jusqu'à la fin juin, et que des groupes de travail ont été formés, sous l'égide du ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, Roselyne Bachelot, M. Sarkozy s'est contenté de dire qu'aucune hypothèse de financement ne serait exclue.

"Est-ce que c'est l'assurance ? Est-ce que c'est la reprise sur succession pour les familles qui ne s'occupent pas de leurs personnes âgées ? Est-ce que c'est un jour férié en moins ? Est-ce que c'est la CSG ? Nous en parlerons, je ne ferme aucune piste", a-t-il dit.

En revanche, sur le calendrier, M. Sarkozy a insisté sur l'échéance de "cet été" pour engager la réforme.

Jusqu'ici le gouvernement avait indiqué que des mesures seraient prises à l'issue du débat fin juin pour qu'elles soient incorporées dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2012 mais avait aussi laissé entendre que d'autres mesures pourraient ne voir le jour qu'après l'élection présidentielle de 2012.

"Trois millions de Français ont plus de 80 ans, 1,5 million de Français ont plus de 85 ans et chaque année, 80.000 Français de plus passent les 80 ans", a indiqué le chef de l'Etat, soulignant qu'il fallait "des moyens pour cela".

Les projections statistiques prévoient 1,4 million de personnes dépendantes en 2040, contre un peu plus de 1,18 million aujourd'hui qui touchent l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA).

Un résident en maison de retraite doit débourser en moyenne 2.200 euros par mois pour son hébergement, aides comprises. Il a observé que "moins de 20% des familles" pouvaient assumer de telles charges.

Les dépenses consacrées à la dépendance sont estimées à 22 milliards d'euros par an. Les ressources proviennent actuellement de la Journée de solidarité, de l'Assurance maladie et d'une partie de la CSG. Des projections tablent sur un besoin accru de 10 milliards par an dans quinze ans.

Nicolas Sarkozy a donné un coup d'accélérateur sur le calendrier d'un des derniers grands chantiers de son quinquennat en annonçant jeudi sur TF1 la création "cet été" d'une cinquième branche de la Sécurité sociale, sans toutefois préciser les moyens du financement.


AFP
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