Dénutrition des personnes âgées: trois questions pour éviter le pire

La dénutrition touche deux personnes âgées sur trois.
La dénutrition touche deux personnes âgées sur trois. - © Novosti

Deux personnes âgées sur trois sont directement concernées par le problème de la dénutrition. Quelques questions simples et un test concret peuvent pourtant permettre de dépister ce mal. Et d’éviter le pire.

La dénutrition est un phénomène encore peu connu, auquel les experts ne s’intéressent véritablement que depuis quelques années. Pourtant, ce mal touche une large partie de la population âgée.

Des chiffres datant de 2007 nous apprennent qu'en Belgique, 34% des personnes âgées de plus de 75 ans sont en mauvais état nutritionnel lors de leur entrée à l’hôpital. Et 37% présentent un risque important de dénutrition. "Le calcul est simple et inquiétant : deux tiers des personnes âgées sont concernées par ce problème", résume Miguel Lardennois, infirmier, auteur de l’étude et doctorant en Santé Publique à l’ULg.

Des éléments alarmants

La dénutrition est en fait liée à une carence en nutriments, à un manque d’apports énergétiques. Elle peut être décelée via deux éléments concrets.

Le calcul du BMI (le "Body Mass Index", l’indice de masse corporelle) permet ainsi de voir où se situe un individu par rapport à la norme. "Le calcul de cet indice est simple : il faut diviser le poids par la taille (en centimètres) au carré", rappelle Miguel Lardennois. Multipliez ce résultat par 10 000 et vous aurez votre indice de masse corporelle. "Pour un adulte, le résultat doit se situer entre 20 et 25 et ne peut en aucun cas tomber en-dessous de 18. Pour une personne de plus de 75 ans, cet indice ne peut passer sous 21.

L’autre élément pouvant révéler une dénutrition est une perte de poids importante (plus de 5%) et involontaire durant les trois derniers mois.

Trois questions concrètes et un test simple…

"Les conséquences de cette dénutrition sont une augmentation de la morbidité, une augmentation des risques de ne pas survivre à des événements de la vie quotidienne, allant de la grippe au cœur de l’hiver à la fracture qui ne guérira jamais", prévient Miguel Lardennois.

Pourtant, trois simples questions peuvent permettre de déceler si une personne est dénutrie ou si elle présente un fort risque. Lorsque vous rencontrez cette personne âgée, demandez-lui tout d’abord si elle se sent en plus mauvaise santé qu’il y a trois mois. Inquiétez-vous ensuite de savoir si elle a perdu du poids de manière involontaire. Enfin, posez-vous la question : "Cette personne me semble-t-elle malade ?" Si la réponse à l’une des trois interrogations est affirmative, inquiétez-vous et prévenez un médecin.

… avant qu’il ne soit trop tard

Autre élément pouvant vous mettre la puce à l’oreille : ouvrez tout simplement la porte du frigo de cette personne âgée. Si vous n’y trouvez pas de quoi préparer un repas complet, le propriétaire du réfrigérateur ne s’alimente probablement pas de la meilleure des manières.

"Quand une personne est à risque, on peut facilement faire quelque chose. C’est pour cela qu’il est impératif d’informer et de faire des campagnes de dépistage et de prévention", avance Miguel Lardennois. "Par contre, quand une personne est dénutrie, c’est bien plus compliqué. On va mettre jusqu’à trois fois plus de temps pour la renourrir qu’elle n’a mis de temps à se dénutrir."

PIAB

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK