Alain Destexhe demande la démission d'Edouard Delruelle pour propos antisémites

Edouard Delruelle
Edouard Delruelle - © Belga

Deux députés réclament la démission du directeur-adjoint du Centre pour l’égalité des chances après des propos qualifiés d'antisémites. Édouard Delruelle parle de "récupération honteuse des politiques".

Deux députés appellent Édouard Delruelle, directeur-adjoint du Centre pour l'Egalité des Chances, à la démission. Alain Destexhe (MR), député de la Fédération Wallonie-Bruxelles (MR) et Viviane Teitelbaum, députée bruxelloise (MR). Ils évoquent des propos "inacceptables" qui auraient été tenus dimanche au cours d'une séance de formation sur la gestion de la diversité donnée à la police fédérale.

En cause, les propos d’une collaboratrice du Centre. Selon le commissaire de police Vroome présent au cours de la formation, elle aurait tenu des propos racistes et antisémites. Mais pour Édouard Delruelle il n’en est rien. "Ces propos ont été mal interprétés et totalement sortis du contexte. Elle a utilisé des clichés dans le seul but de valoriser la communauté juive. Sa démonstration s’est retournée contre elle".

Le directeur-adjoint revient sur les propos de sa collaboratrice. "Dire que la Belgique n’a aucun lien avec les camps d’extermination et la Shoah est une maladresse, c’est évident, mais elle n’avait aucune visée antisémite". Selon Édouard Delruelle, il y a bien eu faute de la part de l’assistante mais le Centre prend collectivement la responsabilité de cette faute.

Une "récupération politique" pour Delruelle

Le directeur-adjoint du Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme dénonce une "volonté de récupération politicienne". Il insiste sur le fait que "toutes les fiches évaluatives récupérées à la fin de la formation étaient très positives !"

"C’est un coup très dur pour le Centre. Nos formations se déroulent sous la forme d’une libre discussion sur les diversités culturelles. Nous faisons signer un engagement de confidentialité aux participants pour permettre de parler librement pendant la formation". Les propos du commissaire Vroome seraient donc une violation de la confidentialité et même de la déontologie du commissaire, selon le Centre.

Après l’appel de deux députés, invitant Édouard Delruelle à la démission, le Centre parle d’une "récupération nauséabonde". Le directeur-adjoint n’entend pas démissionner sauf si les députés suivent une formation de la part du Centre. S’ils la trouvent  "mauvaise" alors seulement il envisagera de partir.

Alain Destexhe persiste

Contacté par téléphone, Alain Destexhe trouve "incroyable" que l'on mette en cause les propos du commissaire. "On ne met pas en cause les paroles tenues dans le Centre mais celles du commissaire. On parle de propos hors-contexte, mais ces propos ont été tenus quand même. Même hors-contexte ça reste inadmissible. Le séminaire ne devrait pas comporter de clause de confidentialité".

Selon lui, "le Centre sort de son mandat. Ces derniers temps ils essaient de faire de la politique. Son appel à légiférer sur le port de la burqua est un bon exemple. Il devrait rester dans le cadre de ses attributions et ne pas faire de politique".

Il n'y aurait aucune récupération, "je n'ai aucun intérêt à faire ça". Le député n'est pas "surpris" de la position d’Édouard Delruelle, "le Centre se croit au dessus des critiques. Il pointe du doigt mais ne tolère pas qu'on l'attaque".

Sur la question de suivre une formation au Centre il se dit prêt à "relever le défi" et "prend les paris".

RTBF

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