Delphine pourra hériter d'Albert II: "Ce n'est pas ce qu'elle cherchait"

Le roi Albert II a confirmé que les résultats ADN montraient qu’il était bel et bien le père biologique de Delphine Boël. Pour autant, Delphine Boël ne pourra pas recevoir d’argent de l’Etat, entrer dans l’ordre de succession, ou occuper une fonction officielle. Elle pourrait, en revanche, bénéficier d'une partie de l’héritage de son père.  La part d'héritage qu'elle touchera au décès de son géniteur est une autre question.

"Mais c'était une reconnaissance, affective, qu'elle recherchait, a commenté sur le plateau du JT Marc Uyttendaele, avocat de Delphine Boël. Elle sera une enfant légitime, au même titre que les autres. Mais il y a quelque chose d'un peu malsain dans ce débat, car la fortune de Jacques Boël était infiniment plus importante que celle d'Albert II".

"Sa réaction, c'est à la fois le soulagement, l'émotion, mais c'est aussi une grande douleur, car elle a toujours manqué d'un père. La reconnaissance, c'était pour éviter que ses enfants connaissent la même souffrance. Les propos de son avocat sont plus forts que le communiqué, qui n'est pas d'une grande élégance, car il se pose en victime. Il y avait une main tendue de la part de Delphine Boël pour communiquer sur ces résultats, mais le communiqué est glacial et ne traduit aucune forme d'affection."

Deux heures plus tôt, l'avocat du roi Albert II a en effet communiqué l'information selon laquelle les résultats ADN montraient qu'il est effectivement le père biologique de Delphine, mais tout en faisant part de ses réserves quant au fait qu'"une paternité légale n'est pas nécessairement le reflet d'une paternité biologique". Par la voix de son avocat, il a en effet réaffirmé n'avoir jamais participé à l'éducation de Delphine Boël.

Vivre avec le secret de ses origines

"Delphine Boël tient à rappeler, dans ce moment important, avoir accepté pendant des années de vivre avec le secret de ses origines, et ce dans l'intérêt général", a poursuivi Me Uyttendaele.

"Ceci n'a pas été sans souffrance. Jacques Boël ne l'a pas considérée comme sa fille. Il a simplement veillé à préserver les apparences pour éviter tout scandale. Albert II, quant à lui, l'a violemment rejetée lorsqu'il est apparu au grand jour qu'il était son père. Elle s'est ainsi retrouvée dans une situation douloureuse d'exclusion tant sur le plan affectif que social", a déclaré l'avocat de Delphine.

"Cette impasse l'a conduite à choisir la voie judiciaire, moins pour elle que pour éviter à ses enfants d'être confrontés aux mêmes difficultés et aux mêmes souffrances", a-t-il dit.

Plus de contestation

Lundi, un peu plus d'un mois après le rejet du pourvoi en cassation du roi Albert II contre les différentes décisions de la cour d'appel de Bruxelles, ce dernier a décidé de ne plus contester sa paternité à l'égard de Delphine Boël, et de ne plus s'opposer à la demande de celle-ci d'être reconnu comme son père légal.

En mai dernier, la cour d'appel de Bruxelles avait tout d'abord donné raison à l'artiste belge, présentée depuis 1999 comme la fille illégitime d'Albert II, en établissant que Jacques Boël n'était pas son père légal.

La cour avait ensuite enjoint Albert II à se plier à un test ADN, dont les résultats, tenus secrets, devaient ensuite servir à la procédure en reconnaissance de paternité du roi Albert II que compte entamer Delphine Boël.