Delphine de Saxe-Cobourg Gotha : l’image d’Albert II définitivement écornée

Sept années de combat judiciaire. Au bout de ce long parcours, Delphine Boël peut désormais porter le nom de Delphine de Saxe-Cobourg Gotha. Une reconnaissance de paternité par la voie des tribunaux qui entache l’image d’exemplarité d’Albert II.

Le portrait brisé d’un roi

Depuis le verdict, elle n’a reçu aucun message d’Albert II ni aucun signal du Palais ou même d’autres membres de la famille royale. Ce matin, au micro de La Première, Delphine de Saxe-Cobourg Gotha réagit à cette absence de réactions et explique les raisons de son combat : "Je n’attends plus rien et je ne regrette pas de m’être battue publiquement. Il ne faut pas oublier que j’ai essayé de régler le problème pendant des années derrière les murs, en secret avec lui. Mais tout était bloqué".

Une absence de réaction d’Albert II fidèle à l’image du père absent qu’il a été pour Delphine. De quoi abîmer le portrait que le souverain a dessiné tout au long de son règne. Pour Serge Jaumain, professeur d’Histoire contemporaine à l’Université Libre de Bruxelles, "Albert II est un souverain qui globalement a eu une image positive. Il a été attentif à donner une certaine image de la monarchie qui est une image d’exemplarité. Mais dans ce dossier-ci, malheureusement, il ne l’incarne pas du tout. Il incarne au contraire ce qu’il ne faut pas faire. On peut se dire que ça a en partie brisé son image. Il a pêché d’une certaine manière n’en étant pas assez à l’écoute de son temps".

Un impact sur le roi Philippe

La postérité retiendra sans doute d’Albert II les qualités qu’il a su déployer dans son rôle de souverain, notamment lors de la crise politique de 2010-2011. Mais on retiendra également cet échec dans sa relation avec Delphine, d’autant que ce comportement risque d’avoir un réel impact sur la monarchie belge. "Il aurait probablement dû reconnaître officiellement sa fille", poursuit le professeur Jaumain, "Cela aurait été beaucoup plus simple pour lui, pour elle, pour tout le monde et pour l’image de la royauté. Je pense que Philippe souffrira d’une quelconque manière de ceci".

Publiquement, Albert II n’a évoqué son lien à Delphine qu’une seule fois. C’était un 1999, à l’occasion du discours traditionnel de Noël. Il s’exprimait alors en ces termes : "La reine et moi, nous nous sommes remémoré des périodes très heureuses mais aussi la crise que notre couple a traversée. Cette période de crise nous a été rappelée il y a peu. Nous ne souhaitons pas nous appesantir sur ce sujet qui appartient à notre vie privée".

Pour le professeur Jaumain, bien que ce discours fut intelligent, Albert II commet l’erreur de penser que cette affaire ne concerne que sa vie privée : "Les souverains sont des personnages qui appartiennent à l’Etat. Donc leur vie privée est publique qu’on le veuille ou non. C’est la raison pour laquelle on suit avec énormément d’intérêts cette triste affaire. Pour quelqu’un qui a toujours défendu la famille, les personnes en situation de difficulté, de détresse, c’est tout de même très particulier ici de ne pas avoir donné l’exemple".

 

 

 

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