"Déguster" des pesticides pour dénoncer leur présence dans le vin

Organiser des "dégustations" de pesticides pour dénoncer leur présence dans un breuvage millénaire aussi symbolique que le vin
Organiser des "dégustations" de pesticides pour dénoncer leur présence dans un breuvage millénaire aussi symbolique que le vin - © PATRICK HERTZOG

Organiser des "dégustations" de pesticides pour dénoncer leur présence dans un breuvage millénaire aussi symbolique que le vin: depuis 2015, c'est le projet mené par un chef cuisinier bio de Barjac (Gard) et le biologiste Gilles-Eric Séralini.

Dans leur livre "Le goût des pesticides dans le vin", publié en janvier chez Actes Sud, le cuisinier et le scientifique détaillent le protocole en trois étapes auquel se sont soumis depuis 2015, plus de 70 professionnels de la gastronomie et du vin dont les grands chefs Marc Veyrat et Régis Marcon ou encore le réalisateur de "Mondovino" Jonathan Nossiter.

Tous ont été invités à goûter des pesticides dilués dans de l’eau aux doses où ils ont été identifiés dans des vins non bio, y compris de grands crus.

"Ce n'était pas évident, il y a une forte résistance psychologique: quand on porte le verre aux lèvres, on a l'image des têtes de mort sur les bidons", témoigne Jérôme Douzelet.

"On se dit que c'est cinglé alors que quand on achète notre bouteille de vin ou notre sachet de thé rempli de résidus de pesticides, on ne se pose même pas la question", ajoute-t-il.

"C'est le fruit d'années et d'années de marketing de la part des industriels de la chimie qui présentent ces produits comme inertes, éliminés par magie...", assure Jérôme Douzelet, qui dit militer en matière d'alimentation pour "du bon et du sain".

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