Découvrez un lieu insolite: le site des émetteurs de la RTBF à Wavre

L'émetteur de Wavre
L'émetteur de Wavre - © rtbf

Le site des émetteurs de la RTBF, qui permettait de transmettre nos programmes radio jusqu'en Afrique, est un lieu méconnu du grand public. Même s’il s’est progressivement vidé de ses occupants, le site, qui s’étend sur près d'un kilomètre carré, est toujours en activité.

Le long de la Nationale 4, on peut apercevoir au loin, un peu comme un navire échoué, une dizaine d'antennes dressées sur un immense terrain. Le lieu est étonnant et les riverains ne semblent pas en mesure de donner plus d’explications sur cet étrange ensemble. Certains ne savent carrément pas de quoi il s’agit, d’autres imaginent un lien avec la distribution d’électricité, ou encore avec la télévision. "Ça a un côté mystérieux", dira une riveraine de passage. Les seuls signes de vie perceptibles sont ceux des moutons chargés de l'entretien des lieux.

Un lieu chargé d’histoire

A y regarder de plus près, un bâtiment imposant se dresse au milieu des antennes. Lorsque l’on y pénètre, ce lieu énigmatique nous fait remonter le temps. Construite en 1952, la salle d'émission est un peu le témoin d'une partie de l'histoire belge. "A l’époque, la Belgique possédait des colonies et souhaitait entrer en communication avec elles de façon permanente", explique le directeur du département des émetteurs de la RTBF, Franco Fantuzzi. Le site a donc été érigé pour la transmission d’informations en français et en néerlandais vers l’Afrique centrale.

Construit peu après la seconde guerre mondiale, le bâtiment abrite un studio de secours destiné à reprendre l'antenne en cas de force majeure (pouvant aller du simple incident technique à un acte terroriste par exemple). Pour émettre quoi qu'il arrive, deux moteurs de péniches permettaient d'alimenter les lieux.

Un poste de commande en perpétuelle évolution

Figé dans le temps, le poste de commande était une sorte de "grand poste d’aiguillage qui permettait à un émetteur donné de se trouver sur une antenne donnée à un moment donné. Les antennes pointaient alors vers l'Afrique ou l'Amérique du Nord", explique l’ingénieur du laboratoire, Frédéric Ingberg.

Plus de 30 personnes travaillaient dans le bâtiment, mais aujourd’hui, avec l'évolution des technologies et l'arrêt des émissions en ondes courtes en 2009, seules deux personnes sont désormais nécessaires au fonctionnement du site. Malgré leurs occupations, lorsque l’un des deux employés est en congé, l’autre se sent un peu seul : "On se sent un peu comme un gardien de phare", témoigne Frédéric Ingberg avec ironie. Car les deux ingénieurs pénètrent de temps en temps dans les lieux pour assurer la maintenance de l'un des émetteurs, toujours opérationnel. Le reste du temps, ils veillent, depuis un autre bâtiment, à la continuité des programmes. "Nous émettons les productions de la RTBF tant en numérique pour la télévision TNT que pour la FM ou encore la radio numérique (la DAB)", précise Frédéric Ingberg.

Si les lieux ont un peu perdu de leur splendeur, cet émetteur permet encore aujourd'hui aux téléspectateurs d'une partie de la Wallonie et de Bruxelles, de suivre nos programmes et pour l’occasion, de découvrir ce patrimoine étonnant.

I.L. avec Céline Liégeois

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