Découverte sur le cancer : une équipe de l’ULB découvre le rôle d’un gène muté sur la production des métastases

Le professeur Cédric Blanpain (Université Libre de Bruxelles) a de quoi être de fort bonne humeur aujourd’hui : non seulement il s’est rendu chez le Roi ce mercredi matin pour recevoir de ses mains le célèbre et prestigieux prix Francqui 2020, mais en plus, il cosigne un article important qui paraît aujourd’hui dans la revue Nature, à propos du cancer.

 

Gène muté, que fais-tu ?

Avec une équipe de chercheurs de l’Université Libre de Bruxelles (ULB), ils ont identifié pour la première fois les fonctions de l’un des gènes les plus fréquents mutés dans le cancer : il s’appelle FAT1. Ils ont découvert que les mutations de FAT1 favorisaient les caractéristiques invasives, les métastases et la résistance à certains traitements anticancéreux couramment employés.

Cette mutation du gène FAT1 est présente dans 30% des cancers "tête et cou", poumons, cavité buccale et cancers invasifs de la peau. On la retrouve aussi chez des patientes qui ont des cancers du sein et résistent aux traitements médicaux.

"On ne s’attendait pas du tout à cet aspect invasif et métastatique. C’était une surprise, explique le professeur Cédric Blanpain. Nous avions découvert ce côté super-métastatique dans une autre étude de la même co-auteure, la Docteure Ievgenia Pastushenko, il y a deux ans, mais nous n’avions jamais trouvé le gène qui était responsable de cela." Voilà qui met l’équipe en joie. Mais ce n’est pas la seule bonne nouvelle.

Nouvelle piste thérapeutique

Ces cellules résistantes à la chimiothérapie classique du cancer sont sensibles à une chimiothérapie active sur le cancer du sang. Ceci ouvre une nouvelle piste thérapeutique. Les chercheurs ont en effet identifié que les cancers mutés pour le gène FAT1 sont particulièrement sensibles à d’autres médicaments qui sont actuellement utilisés pour traiter les patients atteints de cancer du sang. "Ces résultats auront des implications très importantes et immédiates pour la thérapie personnalisée chez les patients atteints de cancers présentant des mutations dans FAT1 ", commente le professeur Cédric Blanpain, le directeur de cette étude. "Nous allons essayer de nouer un partenariat avec les personnes qui ont développé ces médicaments contre les cancers du sang et de réaliser des études précliniques chez des patients pour étudier l’activité de ces médicaments dans ces cancers au gène FAT1 muté", nous précise-t-il.

La recherche avance aussi chaque jour en dehors du COVID-19. C’était la bonne nouvelle scientifique du jour.

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