Déconfinement : une étude américaine préconise "de restreindre l'occupation" dans les restaurants, les bars et les salles de fitness

Bars, restaurants, salles de fitness : ces lieux seraient les principaux endroits où vous risquez d’être infecté par le coronavirus selon une nouvelle étude. Publiée dans la revue Nature, cette enquête de l’Université de Stanford a suivi les mouvements de population, les comportements de millions d’Américains dans trois grandes villes.

"Le premier grand enseignement de cette étude, c’est de montrer que limiter la mobilité et avoir un lockdown est très efficace", pointe d’abord le virologue et professeur de l’UNamur Benoît Muylkens, invité de La Première.

Mais au-delà de cette conclusion, l’étude classe aussi les lieux de contamination en fonction de leur risque. Les restaurants arrivent en tête. "Ceux où on va s’asseoir, rester longtemps sur place, en étant relâché et avec des fortes densités", précise-t-il.


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Dans ces établissements qui sont actuellement fermés en Belgique pour endiguer la propagation du coronavirus, il y aurait "10 à 100 fois plus de risques de contracter l’infection que dans un magasin classique". Derrière arrivent les bars et salles de sport suivis des hôtels et des lieux de cultes. Ces cinq catégories de lieux sont le top 5 des endroits où vous risquez le plus de contracter le Covid-19, selon l’étude.

L’enquête estime aussi que ces lieux "super contagieux" sont les moteurs de l’épidémie. "À Chicago, 10% des lieux d’intérêt, majoritairement des restaurants, sont responsables de 85% des nouvelles contaminations", donne le virologue en exemple.

Mais il faut préciser que l’étude ne tient pas compte des enfants, difficile donc d’évaluer si les chaînes de contamination concernent aussi les établissements scolaires.

Limiter les bars et restaurant pour éviter une 3e vague

Dans l’étude, les chercheurs expliquent qu’une restriction absolue n’est pas forcément la solution pour endiguer les contaminations. Ils plaident davantage pour réduire le nombre de places assises et donc le taux d’occupation et d’éviter les heures de pointe. "Ils donnent donc des pistes pour aboutir à des diminutions d’occupation par rapport à la capacité maximale de l’ordre de 80%. Donc, avoir une occupation étalée sur la journée, des restaurants acceptant 20% d’occupation maximale en étalant au maximum, aurait des effets vraiment très puissants de diminution de la contagiosité", résume Benoît Mulkens.


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"Des lockdowns – vers lesquels on est pas repartis dans cette deuxième vague – n’auront pas d’efficacité si par ailleurs on ne restreint pas l’occupation dans les lieux les plus à risque", explique-t-il encore. Lorsque la Belgique se déconfinera, il faudrait donc des réouvertures progressives avec un taux d’occupation revu à la baisse dans les cinq principaux lieux de contamination.

Une étude "fiable" selon le virologue

Depuis le début de la crise sanitaire, de nombreuses études se sont enorgueillies d’éclaircir les causes du Covid-19. Quel crédit peut-on alors accorder à cette énième recherche sur le virus qui a envahi la majorité des pays du monde depuis plusieurs mois ?

"C’est vraiment une étude qui a le mérite d’avoir pris le temps de la science et de ne pas être sortie dans la précipitation", observe Benoît Muylkens qui accorde une certaine fiabilité aux résultats de cette recherche.

Journal télévisé de 19h30 le 12/11 :

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