Kinés, médecins, dentistes: avec le déconfinement, quand pourrez-vous obtenir un rendez-vous, urgent ou pas?

Déconfinement : secteur de la santé, à quand des rendez-vous non urgents ?
2 images
Déconfinement : secteur de la santé, à quand des rendez-vous non urgents ? - © CLAUS FISKER - AFP

Dans sa communication, vendredi soir, le Conseil national de sécurité (CNS) a surtout évoqué les perspectives de déconfinement pour le secteur économique, les écoles et les activités privées. En revanche, peu ou pas d’informations concrètes concernant le secteur de la santé. Quand et comment les patients auront-ils accès à des soins non urgents ? Quels praticiens pourront reprendre leurs activités et à quelles conditions ?

Dans la communication faite par le gouvernement, vendredi soir, le secteur de la santé est évoqué de manière assez vague : " Des groupes de travail étudient déjà comment répondre à la fois à l’impératif de continuer à offrir les meilleurs soins aux personnes infectées par le covid-19 tout en élargissant graduellement et de façon sécurisée l’accès aux soins de santé généraux et spécialisés. La volonté est que, le plus rapidement possible, chacune et chacun puissent avoir accès aux soins de santé de manière à nouveau " normale " tout en évitant de saturer les infrastructures médicales nécessaires à la prise en charge des malades du virus.", peut-on lire.

Les médecins préparent la relance des activités non-covid 19

Déjà, souligne l’ABSyM, dans un communiqué publié ce samedi, la population peut prendre contact, par téléphone ou par vidéoconférence avec un médecin, généraliste ou spécialiste, " pour tout problème afin qu’ensemble, médecin et patient jugent de la pertinence d’être vu en urgence ou pas ", précise l’ABSyM.

Plus le démarrage de la médecine sera rapide, en consultation chez le généraliste ou le spécialiste, plus il sera possible de soigner des patients à temps.


►►► À lire aussi : Diminution des cas d'AVC enregistrés aux urgences: le CHU de Liège tire la sonnette d'alarme


Le Groupement belge des médecins spécialistes est occupé à réaliser un plan de relance. Il prévoit un " redémarrage des activités des médecins par phase. On privilégiera d’abord les soins semi-urgents, ensuite les soins planifiables qui eux, peuvent attendre sans aucune conséquence pour la santé du patient ", communique l’ABSyM.

Aucune date précise n’est encore fixée : " Ces phases devraient être connues et rendues publiques dans le courant de la semaine prochaine ", écrit l’ABSyM.

La relance des activités des médecins se fera à condition que le matériel (masques, etc.) nécessaire à la sécurité des patients et des soignants soit disponible en quantité suffisante. " La priorité reste de garantir à nos patients que le risque d’attraper le virus en consultation, sera au plus bas qu’ils se rendent chez le généraliste ou chez le spécialiste et ce, par rapport au reste des actes de sa vie quotidienne ", déclare Philippe Devos, le président de l’ABSym.

Les dentistes se préparent aussi

Pourra-t-on bientôt retourner chez le dentiste pour des soins non-urgents ? Là aussi, les dentistes y pensent et ont élaboré, le week-end dernier un plan phasé pour sortir de la crise. Ils l’ont soumis aux autorités mais n’ont pas encore reçu de réponse.

Actuellement, les soins urgents et essentiels doivent être assurés, comme ils le sont depuis le début du confinement.

La prochaine phase, la phase 2, comme l’explique Michel Devriese, de la Société de médecine dentaire, sera une phase où l’on prodiguera les soins " requis ", c’est-à-dire les soins sans lesquels des dégâts irréversibles risquent de se produire.

Pour le passage en phase 2, faute de date précise communiquée par le Conseil national de sécurité, ce serait aux dentistes de décider, en fonction de leur situation personnelle, comme l’explique Michel Devriese : " La semaine prochaine, certains cabinets vont pouvoir reprendre un peu d’activité et passer, selon nous, à la phase 2, pour les soins requis. Ce sera à chaque dentiste à évaluer sa capacité à le faire ". Chaque dentiste doit faire son évaluation par rapport à ses propres capacités, l’organisation du cabinet, la disponibilité du matériel, notamment les masques, explique-t-on à la Société de médecine dentaire.

Dans tous les cas, des mesures sanitaires strictes devront être respectées : respect des distances entre patients, un patient à la fois dans la salle d’attente, aérer les locaux et désinfecter la salle de soins entre deux patients, par exemple.

Il est donc conseillé aux patients qui en auraient besoin de contacter leur dentiste pour savoir si les soins sont urgents, doivent être réalisés dans un court délai ou peuvent encore attendre et savoir si le praticien est en mesure d’assurer ces soins.

Viendra, plus tard, une phase 3, où les dentistes reprendront une activité normale.

La société de médecine dentaire souhaite aussi que des tests de dépistage du Covid-19 soient réalisés auprès des dentistes.

 

Un plan aussi pour les kinés

Axxon, l’association professionnelle des kinésithérapeutes rappelle d’abord que les kinés n’ont pas été obligés de fermer leurs cabinets pendant le confinement. Rester disponible pour les soins urgents et nécessaires était possible.

A partir du 4 mai, le dispositif sera un peu modifié. " Les kinés pourront recevoir un patient à la fois (pas de séances collectives). La salle d’attente ne pourra pas être utilisée. Les patients ne pourront pas se croiser. Le port du masque sera obligatoire pour les kinés et pour les patients ", explique Fabienne Van Dooren, directrice générale d’Axxon

Inquiétudes du côté syndical

Au lendemain de la communication gouvernementale, le syndicat CNE s’étonne du peu d’attention portée aux acteurs de la santé et au secteur non-marchand en général : "Les décisions du CNS se sont focalisées sur l’économique (entreprises B2B, commerces…) et l’enseignement. Pourtant, l’accueil des tout-petits sera un défi. La relance de l’activité de soins (hors Covid) en hôpital comme à domicile ne sera pas une sinécure avec du personnel épuisé, les capacités de dépistage en hébergement (aînés, handicapés…) restent totalement insuffisantes, les services d’aide aux populations n’arrivent pas à rencontrer les besoins aggravés par la crise, etc.", liste le syndicat pour qui "les choix faits illustrent parfaitement l’orientation choisie pour l’après crise".

D’autres praticiens des secteurs médicaux et paramédicaux attendent aussi des précisions quant à la relance de leurs activités où le respect de la distanciation sociale est souvent loin d’être évident : logopèdes, psychomotriciens, ergothérapeutes, ostéopathes, etc.