Déconfinement : les élèves de maternelle reprennent le chemin de l'école ce mardi

Pour les élèves de maternelle, c’est une rentrée un peu particulière qui se déroule ce mardi. Après plusieurs semaines à la maison pour la plupart, ils reprennent le chemin de l’école.

Ce retour en classe s’accompagne d’un respect des mesures d’hygiène pour continuer la lutte contre le coronavirus. Pour le reste, les règles sont plus souples qu’en primaires ou en secondaires :

  • Pas besoin de porter un masque lorsque le professeur s’occupe des enfants ;
  • Le respect des distances de sécurité n’est pas nécessaire ;
  • La classe étant considérée comme "une bulle de contact", la circulaire ministérielle précise que "sa taille peut être supérieure à 20 élèves". Mais "à partir du moment où la bulle est constituée, tout doit être mis en œuvre pour la maintenir jusqu’à la fin de l’année scolaire".

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Toutes les écoles ne reprennent pas leurs activités ce mardi. La décision revient aux pouvoirs organisateurs, directeurs et directrices d’écoles. "Les écoles ont la possibilité de faire rentrer tout le monde. Il n’y a pas d’obligation parce que la réalité d’une école n’est pas l’autre. Mais j’invite au maximum les écoles à se saisir de cette possibilité parce que c’est une façon pour elles de terminer l’année", expliquait Caroline Désir, la ministre de l’Education, le 28 mai dernier.

Aucune sanction n’est prévue pour les familles qui décideraient de ne pas respecter l’obligation scolaire. Dans sa circulaire organisant la reprise des cours (à retrouver en intégralité en cliquant ici), la Fédération Wallonie-Bruxelles écrit que "les directions seront chargées de répertorier les demi-jours dabsence pour monitorer la situation et établir le contact avec les familles concernées. Ces demi-jours ne devront néanmoins pas être signalés."

Cette suspension de l'obligation scolaire qui interpelle des acteurs de l'enseignement qui redoutent la perte d'un public défavorisé disparu des radars depuis le confinement. "Ça m'a l'air d'être un piège pour les élèves les plus défavorisés, en risque de décrochage", avertit le directeur du Secrétariat Général de l'Enseignement Catholique (SeGEC), Etienne Michel.


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Mercredi passé, le comité de concertation a annoncé que les cours pouvaient reprendre dans les classes maternelles à partir du 2 juin et primaires à partir du 8 juin, et qu’en secondaire un plus grand nombre d’élèves pourrait revenir à l’école.

Le gouvernement fédéral et les ministres-présidents des Communautés ont invoqué l’évolution favorable de la pandémie depuis l’amorce du déconfinement le 4 mai, une meilleure connaissance de la maladie ainsi qu’un appel lancé le 19 mai par 269 pédiatres à une réouverture plus large des écoles pour préserver le bien-être mental et social des enfants.

La décision, prise en soirée, a sonné comme un coup de tonnerre auprès de nombreuses directions d’école qui avaient dû déployer d’importants efforts pour permettre, dès le 18 mai et sous des conditions strictes, un retour très partiel dans certaines années primaires et secondaires, les écoles maternelles restant à cette époque fermées.

Les syndicats manifestent leur mécontentement

Face à ces décisions "non-concertées", la CGSP-Enseignement a annoncé le dépôt d’un préavis couvrant toute action de ses affiliés du 2 au 5 juin. Le syndicat socialiste a réclamé par ailleurs de Caroline Désir, le report de la reprise des cours au 8 juin au plus tôt.

Dans la foulée, le SLFP et la CSC-Enseignement ont également dénoncé des mesures prises hâtivement et sans concertation et ont à leur tour sollicité un report de la reprise des cours.

Samedi, les syndicats ont rencontré la ministre qui a répondu à leurs questions. Ils n’ont pas communiqué à l’issue de la réunion. Caroline Désir a envoyé un communiqué qui évoque un "climat constructif" mais confirme les dates des 2 et 8 juin, en rappelant qu’il s’agit des jours "à partir" desquels ces rentrées se feraient. Dans la pratique, il est vraisemblable que, dans bon nombre d’écoles, les cours reprennent plus tard dans la semaine.

L’annonce se double d’une controverse communautaire. Le gouvernement flamand et son ministre de l’Enseignement, Ben Weyts (N-VA), sont accusés d’avoir mis la pression sur le comité de concertation pour hâter le mouvement. Le 22 mai, le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet, avait déjà exprimé son "irritation".


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Extrait du Journal de Vivacité ce mardi 02/06/2020

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