Kim De Gelder interné plutôt que détenu? « A l’époque du procès, c’était impossible de parler d’internement »

La chambre de protection sociale du tribunal de l’application des peines doit décider ce vendredi 24 mai si Kim De Gelder, condamné à perpétuité en 2013 pour la tuerie perpétrée en 2009 dans une crèche de Termonde, sera interné ou non.

Pourquoi maintenant ?

Pour rappel, le 23 janvier 2009, Kim De Gelder (20 ans à cette époque) ôtait la vie à deux bébés et à une puéricultrice de 54 ans, Marita Blindeman, dans la crèche Fabeltjesland. L’auteur des faits avait également reconnu avoir assassiné Elza Van Raemdonck, 72 ans, le 16 janvier 2009 à Vrasene (Flandre orientale). Les faits ont été jugés quatre ans plus tard.

La cour d’assises de Gand avait condamné le jeune homme à la perpétuité le 22 mars 2013 pour ces quatre assassinats et 25 tentatives de meurtre. La défense plaidait toutefois pour que son client soit interné car ce dernier souffrirait de schizophrénie. Les parents de Kim De Gelder avaient notamment expliqué à la barre que leur fils était atteint de cette maladie depuis ses 15 ans. Mais le jury avait, lui, considéré que Kim De Gelder était responsable de ses actes au moment des faits.

Depuis cette condamnation, l’état du tueur s’est détérioré, selon son avocat Jaak Haentjens.

L’avocat de Kim De Gelder n’est pas le seul à constater cette dégradation de l’état de santé du prisonnier : en janvier 2017, la prison d’Audenarde avait conclu que l’internement de Kim De Gelder était « souhaitable », aucun suivi médical ne pouvant lui être assuré en prison. Le condamné avait changé plusieurs fois d’établissement pénitentiaire en quelques années. Il est actuellement incarcéré à Gand.

Selon l’avocat, c’est bien la prison d’Audenarde qui a lancé la procédure d’internement qui sera étudiée ce vendredi par le tribunal de l’application des peines.


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En 2013, un rapport d’experts préconisait déjà l’internement

En 2013, lors du procès, un rapport psychiatrique mettait l’accent sur de graves troubles psychiatriques chez l’auteur et préconisait déjà l’internement. Mais, selon Nathalie Laceur, une des rédactrices de ce rapport, parler de la maladie de Kim De Gelder et ainsi de l’irresponsabilité de ses actes était impossible à l’époque : « A ce moment-là, une mesure d’internement signifiait qu’il n’était pas puni. C’était impossible d’envisager l’internement de Kim De Gelder à ce moment-là ».

« S’il y a bien un terme qui était complètement absent dans le dossier psychiatrique des psychiatres judiciaires, c’étaient les termes de souffrance et le terme d’angoisse alors que l’angoisse est l’affect central du cas de Kim De Gelder. Depuis son enfance, c’est un sujet angoissé, halluciné aussi. Il y avait des périodes où il refusait de manger parce qu’il était convaincu que ses parents allaient l’empoisonner. Est-ce que l’on minimise les actes, si on donne un tableau clinique complet de l’auteur ? On peut à la fois reconnaître la gravité des actes et démontrer par une étude de cas qu'ils ont été commis à partir d'une logique schizophrénique. »

Que va-t-il se passer pour Kim De Gelder ?

Selon l’avocat de Kim De Gelder, le ministère public ne s’opposerait plus à un internement.

Si la chambre de protection sociale statue en faveur d’un internement, Kim De Gelder pourrait être placé dans un centre de psychiatrie légale. Si celui-ci estime plus tard que l’état mental du jeune homme est stabilisé, le tribunal peut décider de renvoyer le condamné en prison pour terminer d’y purger sa peine. La durée de la peine ne sera pas modifiée dans l’un ou l’autre cas.

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