Déchets brûlés à ciel ouvert: des risques d'intoxication pour les militaires belges au Mali

Des militaires rentrés de mission au Mali affirment avoir été intoxiqués par les fumées de deux décharges brûlant à ciel ouvert. Le camp "Bifrost" situé à Bamako se trouve à 300 mètres de deux décharges. C'est là que se retrouvent les détritus émanant de la population locale. Mais on y trouve aussi des batteries...

Depuis avril, le syndicat ACMP-CGPM (centrale générale du personnel militaire) rassemble les témoignages de militaires qui ont des soucis de santé après avoir servi à l'étranger. La plupart de ces témoignages concerne l'Afghanistan entre 2008 et 2012, ou près de 2000 soldats belges ont été exposés aux fumées nocives des "burn-pits", ces zones de combustion à ciel ouvert. 

Pour Philippe Sion, le permanent syndical qui gère ces données, l'Etat-major n'a jusqu'ici pas pris la mesure du risque sanitaire pour les militaires: "Il y a différents symptômes qui ressortent de notre enquête, des problèmes respiratoires, pulmonaires et aussi certaines allergies, on retrouve des similitudes entre des personnes qui étaient en Afghanistan ou à Bamako et qui ont été exposées à des fumées nocives".

Porter un masque

A trois reprises des sonnettes d'alarme ont pourtant été tirées affirme Philippe Sion : "Une première fois par le commandant de détachement qui a constaté la pollution, ensuite c'est le conseiller en prévention sur place, il a aussi pu constater cette grave anomalie. Ensuite un médecin sur place a employé des termes très forts disant 'l’air nous empoisonne jour et nuit', donc le signal était grave et le problème est remonté jusqu’à l’Etat-major "

Pour faire face à la situation, les seules recommandations adressées par leurs chefs aux militaires ont été de ne plus faire de sport, de limiter les efforts, et dans les moments critiques, c’est-à-dire quand les fumées étaient dans la direction du camp, de porter un masque blanc semblable à celui qu’on peut acheter pour le bricolage en grande surface…

Pour Philippe Sion, ces recommandations n'étaient pas à la hauteur de la situation et inadaptées à la mission sur place: "Dans des températures variant entre 30 et 40 degrés où il faut accomplir des missions de patrouilles ou de formations militaires et ou il faut accomplir des efforts physiques, comment voulez-vous que des militaires travaillent en toute sécurité…? Les règles en matière de bien-être au travail, c’est d’abord d’éliminer la source à l’origine du problème. Or ici rien n’a été entrepris. On a proposé des moyens de protection plutôt que de discuter avec les responsables locaux...". 

L'enquête lancée par le syndicat se poursuit, de nouveaux témoignages arrivent. En avril dernier, 160 militaires belges se trouvaient toujours au Mali dans le camp "Bifrost". Une concertation est prévue jeudi avec les syndicats. 

 

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